Cosmopolis

Adaptation d’un roman culte et tranchant de Don DeLillo sous forme d’un cauchemar métaphysique. Etonnant, excitant… mais aussi parfois déconcertant.

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Dès le départ, David Cronenberg installe sa sainte trinité Sex (A l’occasion d’une scène torride avec une non-moins bouillante Juliette Binoche.), Autisme (Robert Pattinson, incroyable d’aisance, de cynisme et de cruauté, incarne un monstre imprévisible.) et Violence (Plus grâce au climat général et oppressant qu’avec des scènes  choc et gores, très rares ici.).

Sauf que cette fois, cette trilogie du «SAV» pourrait aussi signifier «Service Après Vente». Tant le cinéaste canadien risque de s’attirer des plaintes venant de des spectateurs et même d’une frange de ses admirateurs.

L’histoire n’est pas en cause. Tant le livre de base semblait écrit sur mesure pour servir à un film de Cronenberg.

Dans un New York en décrépitude, un golden boy richissime s’engouffre dans sa limousine. Et assiste, par la fenêtre, à l’effondrement de son empire et de son portefeuille. Tout ça avant d’être, en plus, assailli par la certitude qu’il ne va pas tarder à être assassiné.

De son côté, la mise en scène ne jure pas non plus. On nage en univers reconnu, dans les deux sens du terme. Avec des plans stylisés à l’extrême, bourrés d’idées et de réussite.

Mais c’est sans doute le liant entre le récit et la Cronenberg touch qui fait défaut. Notamment quand Cosmopolis reste trop souvent à l’état de mélange d’intentions obscures sans réelle montée en puissance.

Et quand le spectateur réalise que le message du film n’est finalement qu’une illustration, certes pas maladroite, du fossé grandissant entre riches et pauvres. Mais venant d’un réalisateur de cette trempe, on en attendait plus. Peut-être trop?

Cosmopolis
Réalisé par David Cronenberg (2011). Avec Robert Pattinson, Juliette Binoche, Paul Giamatti – 108’

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