Contraband

Si le film Reykjavic-Rotterdam (dont ce Contrebande est un remake) avait été nominé pour l’oscar du meilleur film étranger en 2008, c’est bien parce qu'il utilisait à bon escient tous les ingrédients d’un bon polar.

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On avait droit à une intrigue bien charpentée, des personnages forts en gueule, une ambiance bien glauque et quelques plans spectaculaires. Malheureusement, ne demeure plus grand-chose de tout ça dans Contrebande.

Cette histoire d’un gaillard rangé des braquages et devenu installateur de systèmes d’alarme (on ne nous l’avait jamais faite, celle-là!), qui replonge pour sauver la vie de son âne de beau-frère qui s'est mis toute la pègre à dos, est aussi vaseuse que le canal de Panama par lequel transitent la drogue des uns et la fausse monnaie des autres.

En outre, tous les poncifs du film de gangsters au diesel sont de sortie, sans réelle imagination: le copain soi-disant sympa à qui l'on confie femme et enfants et qui s’avère être la pire des crapules, les douaniers un peu ramollis du cerveau, la tentation à chaque coin de rue, et le bon trop beau gosse pour que l’on y croie une seconde.

Car les personnages de Contrebande sont, eux aussi, trop stéréotypés. Mark Wahlberg en tête, avec son faciès de premier de classe abonné à la salle de muscu. Ou Kate Beckinsale, très effacée, mais qui arrive cependant à se montrer aussi appétissante dans un vieux sweater taché que sous sa combinaison en latex d’Underworld Restent un peu d'action spectaculaire, une atmosphère bien noire et une plongée bien sentie dans la dèche américaine à l’occasion de quelques scènes un rien plus audacieuses.

Bref, si ce Contrebande maladroit ne peut masquer ses influences, de James Gray (Two Lovers) à Michael Mann (Miami Vice), il en sort juste un polar de… contrebande.

Voir les salles où ce film est à l'affiche

Contrebande
Réalisé par Baltasar Kormakur (2010). Avec Mark Wahlberg, Kate Beckinsale, Ben Foster – 110’.

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