Conor Oberst – Upside Down Mountain

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Le leader de Bright Eyes s’échappe de nouveau en solitaire.

 

Tout… sauf un long fleuve tranquille. La vie de Conor Oberst est un véritable roman dont le premier chapitre s’écrit très tôt, dès l’âge de 13 ans. Alors que ses copains jouent au base-ball après l’école, le petit Conor écrit des chansons. "A 15 ans, je suis parti en tournée, se souvient-il. J’ai traversé les Etats-Unis de long en large alors que la plupart de mes potes n’avaient jamais quitté la cour de récré." Dès 1993, le natif d’Omaha dans le Nebraska s’enregistre à l’arrache. Après un album immortalisé sur cassette et de nombreuses expériences en groupe, il monte son propre label (Sadle Creek) et, surtout, Bright Eyes. Sa formation remporte un solide succès auprès des amateurs de rock hanté et autres fanatiques de folk éthéré.

Aujourd’hui, à 34 ans, l’artiste affiche un paquet de disques au compteur et fait figure de vieux briscard: un dinosaure du circuit. "Je suis là depuis plus de vingt ans. Être sur scène, c’est toujours magique. Par contre, les à-côtés sont parfois pénibles. Je me dis souvent qu’on ne parle pas assez musique dans l’industrie musicale." Avec "Upside Down Mountain", il revient à la formule guitare-voix: un couple parfait, fait pour durer. "Dans mon parcours, chaque album se construit en réaction au précédent. Le dernier disque de Bright Eyes tournait autour du synthé. Les paroles étaient cryptiques. C’était presque du langage codé. Désormais, le discours est direct et la forme musicale relativement simple." Superbement mis en son par l’ami et musicien Jonathan Wilson, "Upside Down Mountain" laisse filtrer les parfums sixties de la Californie hippie. Avec sa voix délicieusement éraillée, Conor Oberst signe l’une (Time Forgot) ou l’autre (Hundred of Ways) merveille pour la postérité.

Nicolas Alsteen

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