Comment le ski est devenu un sport dangereux

La gravité de l'accident de Michael Schumacher est certes exceptionnelle. Mais elle a mis en lumière de façon dramatique ce que tout le monde préfère taire. Démonstration.

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Notre expert

Gilles Goetghebuer ,notre spécialiste sport santé, dirige aussi les magazines Zatopek et Sport & Vie.

Lorsqu'on interroge des spécialistes sur les dangers du ski, leurs propos sont généralement rassurants. "Les accidents sont rares. Statistiquement, le risque est d'environ trois lésions plus ou moins graves pour mille heures de pratique. C'est à peine la moitié d'autres disciplines qui pourtant ne suscitent pas autant d'effroi comme le football." Ce faisant, ils oublient de préciser qu'une journée de ski implique de rester longtemps sur les planches alors qu'on joue rarement au foot pendant 6 ou 8 heures d'affilée. La fréquence horaire ne constitue pas un bon mode de calcul.

Pour se faire une idée des risques véritables, il vaut mieux se référer aux probabilités. Quelles chances a-t-on de revenir sain et sauf d'une semaine à la neige? Environ 9 sur 10! Cela signifie qu'on recense en moyenne un accidenté par groupe de dix skieurs sur la durée d'un séjour! Là-dessus, nos spécialistes rétorqueront que cette proportion n'a pas augmenté au cours des dernières années et qu'elle accuse au contraire une faible régression. C'est exact! Mais la nature des lésions est aujourd'hui infiniment plus grave et complexe qu'autrefois.

Des genoux en compote

Dans les années 60, les skis étaient en bois et de la taille d'un homme bras tendu vers le ciel. Les chaussures étaient en cuir. Il fallait se battre pour les enfiler le matin et nouer ses lacets rendus rigides par le froid. Le matériel était rudimentaire et chaque progrès exigeait des heures d'apprentissage pour passer du "chasse-neige" au "stem" puis du "stem" au "christiania" et enfin du "christiania" à la "godille". Ces expressions sont de l'hébreu pour les skieurs modernes. Mais ceux qui ont connu le ski de cette époque seront heureux de les réentendre une dernière fois.

Lire la suite dans le Moustique du 8 janvier 2014.

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