Cold Specks – Neuroplasticity

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Avec "Neuroplasticity", la chanteuse canadienne impose sa voix de femme fatale.

Petit bout de femme presque gênée de susciter l'attention du public et de la critique, Al Spx, alias Cold Specks, a enchaîné les expériences grisantes depuis la sortie de "I Predict a Graceful Expulsion",premier album de folk/gospel thérapeutiqueparu en 2012. Une tournée mondiale, une collaboration avec Moby (le magnifique A Case For Shame et Tell Me sur "Innocents") et une soirée "improbable" où elle a chanté pour le septantième anniversaire de l'icône folk Joni Mitchell lui ont permis, dit-elle, "de mieux voir le monde extérieur" au point de ne plus tellement se sentir en phase avec ses premières chansons. "J'avais enregistré mon premier album en douze jours sur un mode complètement intimiste. Les chansons ne parlaient que de moi et de mes petits problèmes, comme si j'avais envie de vider mes tripes", déclare l'artiste canadienne de vingt-six ans. "En fin de tournée, j'ai presque dû me trouver des dons d'actrice pour les défendre sur scène."

Ecrites dans un cottage isolé du Somerset, les dix compositions de "Neuroplasticity" ne font pas encore l'éloge du monde des Bisounours, mais s'illuminent d'arrangements plus denses. De la plage Old Knives sort ainsi une belle ritournelle à la trompette tandis qu'Absisto est inspiré selon elle "du chanteur blues américain Bobby Bland et de "Fun House" des Stooges". Plus loin, un orgue d'église enrobe le langoureux A Broken Memory et Bodies At Bay est doté d'un refrain presque pop. Dans ses chansons, Al Spx parle moins à la première personne du singulier, exprime davantage de sentiments en clair-obscur et peuple ses couplets de canards, de chiens et de loups (A Quiet Chill). Et si la mélancolie qui enrobait "I Predict a Graceful Expulsion" est toujours palpable, Cold Specks a retrouvé le sourire. Et nous aussi…

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