Cogan: la mort en douce

L'histoire: dans l'Amérique ruinée par la crise, Brad Pitt incarne Jackie Cogan, un tueur à gages chargé de liquider le tenancier d'un tripot minable piégé par des escrocs pathétiques. 

667135

Passionné de films de gangsters? Accrochez-vous pour suivre ce thriller postmoderne sur l'Amérique en souffrance. Andrew Dominik (L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford) signe un film violent, audacieux et ultra-stylisé (dans la lignée de Drive), pour raconter la fin du rêve américain.

Tourné en pleine campagne présidentielle (Obama apparaît sans cesse dans les écrans TV) dans La Nouvelle-Orléans dévastée par le cyclone, le film raconte la crise économique qui sévit aussi chez les tueurs, tout en détournant les codes du film noir. Bavard, relayant l’action à des scènes de violence inouïes, le film joue aussi sur l’aura d’acteurs cultes.

Et c’est très fort. Dans le rôle de l’escroc foireux qui se fait casser la gueule, Ray Liotta (star des Affranchis de Scorsese) semble payer pour toute sa carrière de tueur au cinéma. Martyr du grand écran, il s’explose dans un tabassage qui fait mal à voir.

Face à lui, le grandiose James Gandolfini renoue avec le rôle de Tony de la série des Soprano, en mafieux sans scrupules qui discute de meurtre en robe de chambre. Et puis il y a Brad. Hypnotique en archange noir, il insuffle au film sa dimension métaphysique.

Très en recul, presque en sous-jouant, il laisse l’angoisse s’infiltrer dans chaque scène, avant d’emporter le tout dans sa réplique finale: "L'Amérique n'est pas un pays, l'Amérique est un business. Et je veux mon fric maintenant!" Un film pessimiste, auquel les larges extraits de discours de campagne de Barack Obama semblent répondre comme un infime message d’espoir. Brillant.

Voir les salles où ce film est à l'affiche

Killing Them Softly / Cogan: la mort en douce
Réalisé par Andrew Dominik. Avec Brad Pitt, James Gandolfini, Ray Liotta, Scoot McNairy – 97’.

Sur le même sujet
Plus d'actualité