The Clash – Combat Rock ( + Les 10 titres essentiels)

De 1978 à 1982, quatre gamins londoniens ont mené la dernière grande révolution de l'histoire du rock. Alors que paraît le coffret "Sound System", le batteur et ex-junkie Topper Headon revient sur cette épopée.

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Nous sommes à la fin de l'année 1976 et l'Angleterre file un mauvais coton. Gouverné par le Labour Party, le pays est rongé par le chômage et le parti d'extrême-droite National Front ratisse de plus en plus large. Comme si cela ne suffisait pas, les stars de l'establishment du rock pètent les plombs sous l'effet des quantités astronomiques de cocaïne qu'elles absorbent. David Bowie débarque ainsi à Victoria Station en faisant le salut nazi et le "God" Eric Clapton clame dans la presse que "l'Angleterre doit rester aux Anglais".

C'est dans ce climat infect que The Clash prend son envol. Choqués par des violences policières et des émeutes raciales qui ont eu lieu lors du carnaval de Notting Hill, Joe Strummer (un fils de diplomate), le bassiste beau gosse Paul Simonon et le ténébreux guitariste Mick Jones composent White Riot (Emeute blanche), décharge électrique d'une minute cinquante-huit secondes qui sera le premier single officiel de The Clash à paraître en mars 1977.

En cinq ans et en cinq albums (on oublie le calamiteux "Cut The Crap" en 1985), la formation londonienne va complètement bouleverser le monde de la musique. Si les Sex Pistols sont souvent considérés comme le premier groupe punk anglais, il n'y a que The Clash pour incarner à ce point le rock dans ce qu'il a de plus essentiel. Combinant vraie éthique, engagement politique, fuck of attitude ainsi qu'une profonde curiosité musicale qui les pousse aussi bien à déterrer des standards jamaïcains qu'à plonger dans le berceau du rap new-yorkais, The Clash reste une référence. Mieux, un exemple? De Major Lazer à Green Day qui ont fait danser des dizaines de milliers d'ados cet été, en passant par les Babyshambles ou, bien sûr, Gorillaz (dans lequel ont joué Paul Simonon et Mick Jones), on ne compte plus les artistes se réclamant de près ou de loin, du groupe. "Pour moi, le plus hommage vient de Bruce Springsteen", nous explique Topper Headon, batteur du groupe. "Quand il est venu à Hyde Park en 2009, il a commencé son concert en reprenant notre chanson London Calling. Après le show, il a dit que London Calling signifiait autant de choses pour lui que pour les 80.000 personnes présentes. Ça m'a profondément touché." Evincé de The Clash en 1982 pour cause d'addiction à l'héroïne, Topper Headon a réussi à se réconcilier avec Joe Strummer avant la mort de ce dernier le 22 décembre 2002.

Avec Paul Simonon et Mick Jones, il est à la base de "Sound System", magnifique coffret regroupant les cinq premiers albums du groupe ("The Clash", "Give 'Em Enough Rope", "London Calling", "Sandinista", "Combat Rock"), ainsi que 3 CD d'inédits et un DVD.

Sortie du coffret le 6 septembre 2013.

La suite dans Moustique du 28 août 2013.

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