Citizen Welles, l’autre star de Cannes

Cannes Classics (la programmation patrimoine du festival) rend hommage au géant du Septième art, à l’occasion du centenaire de sa naissance.

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Le festival projette trois long-métrages en version restaurée : le mythique Citizen Kane, l’extraordinaire Dame de Shangaï (avec une Rita Hayworth cheveux courts couleur platine) et Le Troisième Homme, réalisé par Carol Reed, écrit et interprété par Welles.

Le cinéaste américain avait connu la gloire en 1938 après avoir déclenché un véritable vent de panique aux Etats-Unis lors de la diffusion radiophonique de La guerre des mondes de son quasi homonyme H.G Wells, roman d’anticipation dont l’adaptation avait laissé croire à une invasion de l’Amérique de Roosevelt par les Martiens.

Dans la foulée, Welles – qui n’a alors pas 25 ans (mieux que Xavier Dolan !)- signe avec les studios de la RKO un contrat exceptionnel qui inclut le fameux director’s cut. Ce sera Citizen Kane Kane (1941), l’histoire énigmatique d’un magnat de la presse racontée à travers différents points de vue. Scène d’ouverture magistrale, flashbacks en chaîne, Welles a inventé un nouveau langage cinéma. Suivent La Splendeur des Amberson, La Dame de Shangaï (1947) ; mais le succès public n’est pas toujours au rendez-vous. André Bazin, Truffaut et la Nouvelle vague française se chargeront de construire sa réputation de génie.Welles tourne un Macbeth sans argent, accélère sa carrière d’acteur. Il est magnifique dans Le Troisième homme de Carol Reed, on le croise dans le Moby Dick de John Huston, chez Guitry, Chabrol, Pasolini ou René Clément (Paris brûle-t-il ?). Welles parvient à réaliser un splendide Othello puis un nouveau chef d’œuvre, La Soif du Mal (1957), où il apparaît en salaud face à Charlton Heston et Marlène Dietrich. Suivent Le Procès (1962) d’après Kafka avec Jeanne Moreau (avec son prologue parlé somptueux), et un brillantFalstaff. Welles meurt en 1985 sans avoir pu tourner Le roi Lear.

Ciné, docu, livre

A Cannes Classics, deux documentaires inédits tentent de percer le mythe : Orson Welles, autopsie d’une légende d’Elizabeth Kapnist (2015, 56mn, produit par Phares et balises et Arte France). Et This is Orson Welles de Clara et Julia Kuperberg (2015, 53mn, 
produit par TCM Cinéma et Wichita Films).

Version TV, retrouvez aussi chaque jeudi du mois de mai à 20h40 un cycle ORSON WELLES de 11 longs-métrages sur la chaîne TCM, et un cycle sur Arte à partir du 10 mai.

Enfin les éditions Robert Laffont ressortent les conversations entre Orson Welles et Henry Jaglom, Tête à Tête avec Orson, éditées par Peter Biskind, l’excellent auteur du Nouvel Hollywood. « Addictif et réjouissant » selon Vanity Fair, le livre dévoile un Orson Welles féroce et séducteur. Egal à son génie.

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