Cinq trucs à retenir du concert de Stromae à l’A.B.

Ferveur  populaire pour la première date belge de l'ovni des charts. Un spectacle festif, mais encore perfectible, dont on ressort la banane aux lèvres et le cœur repeint en noir-jaune-rouge.  Voila ce qu'il  faut en retenir...

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# 1 On a adoré.

L'ambiance de fête totale qui montre, comme avec les Diables Rouges, que la Belgique unie, multiculturelle, transgénérationnelle et positive existe vraiment.  "Landgenoten, compatriotes, filles, garçons, Bruxellois, Bruxelloises, voisins, voisines, merci. Sans toi, on ne serait pas là," lance le chanteur fédérateur en début et en fin de concert. On s'en souviendra. On apprécie aussi son côté décontracté et son intelligence bluffante.  Un exemple? Traversé de sonorités sobres et d'un visuel sobre, Quand c'est est une magnifique chanson sur le cancer. Stromae met toute son émotion pour l'interpréter mais balance aussi une vanne à la fin de la chanson pour en désarmorcer le côté dramatique. Musicalement, les basses et les beats  synthétiques nous replongent dans les années new-beat chères mais c'est toutefois avec ses sonorités africaines qu'il fait la différence. Sa différence. C'est un concert où tout le monde danser du début à la fin et ça fait du bien. Porteuses, touchantes, entraînantes voire carrément addictives, ses chansons possèdent aussi une haute valeur qualitative ajoutée.

 

# 2 On a moins aimé. 

Visuellement,  c'est une petite déception. Parce que les chapeaux melons de ses trois musiciens, les pupitres avec laptop et les formes géométriques mariant l'univers de Magritte à l'art-déco étaient déjà là lors de sa première tournée. Et puis, Stromae nous a tellement habitués ces dernières semaines à "des coups énormes" lors de ses apparitions télévisées, qu'on reste un peu sur sa faim avec cette mise en scène trop sobre. L'écran est beau mais propose trop de plans statiques. Enfin,  l'ami Paul pourrait enchaîner plus rapidement ses morceaux et réduire ses longs monologues qu'il balance dans un esprit très stand-up mais qui cassent trop souvent le rythme du concert.  Son histoire sur Moules Frites était interminable. Mais bon, cette première à l'A.B. était aussi particulière. Il jouait dans son jardin devant ses amis, "sa petite maman", "tonton Arno" et même "le gentil policier qui a voulu me ramener à la maison quand je faisais semblant d'être saoul dans mon clip place Louise."

 # 3 La setlist.

Paul Van Haver a deux albums à son actif mais se concentre essentiellement sur le petit dernier "Racine Carrée" dont il offre la quasi-intégralité. Seules trois chansons de "Cheese" sont sauvées: Peace Or Violence, Te Quiero et Alors on danse,  plus grand moment de folie de la soirée avec Papaoutai. La setlist est identique depuis le début de la tournée.

 # 4 Le performer.

On espère pour tous les comédiens en herbe que Stromae ne tente pas sa chance au cinéma et au théâtre, car il mettrait tous les jeunes talents au chômage. Oui, ce type est formidable. Il chante plutôt bien en live, exprime toute sa féminité quand il danse avec grâce, a la bonne idée de tutoyer son public et nous colle plein d'images dans le cerveau avec sa gestuelle expressive.  C'est bien simple: on ne sait même plus s'il a joué à se maquiller sur Tous les mêmes ou s'il s'est maquillé pour de vrai.

# 5 L'avenir.

Il appartient à Stromae et encore pour de longs mois, voire de longues années. Après l'A.B., Stromae joue ce jeudi soir au Trix à Anvers, se produit ensuite à la Rockhalle à Luxembourg devant plus de 10.000 personnes et termine le premier volet de sa tournée ce week-end au Melkeg à Amsterdam. Après les Fêtes, il sillonne la France des Zénith , fait le hat-trick à Forest (4,5 et 6 avril) et reviendra ensuite à quelques centaines de mètres de chez lui, au Palais 12 (13 novembre). Déjà annoncé dans les gros festivals français (Printemps de Bourges, Main Square à Arras, Vieilles Charrues), Stromae sera aussi chez nous cet été. Où? Il a reçu des offres de tous les festivals mais rien n'est encore confirmé. Nous on le voit bien à Werchter et aux Francofolies…

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