Cinq bonnes raisons d’aller voir Le Lorax

L'été, le ciné est plus que jamais "enfants admis". Ne ratez pas votre rendez-vous avec le petit gardien moustachu de la forêt.

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Si l'on se fie au succès du Lorax de l'autre côté de l'Atlantique, le film a occupé la tête du box-office pendant sept semaines et engrangé plus de 200 millions de dollars de recettes (pour un coût de 70 millions de dollars), la sortie de sa version française devrait également créer des files devant nos salles de cinéma. Un succès qui s'explique.

1. C'est l'équipe de Moi, moche et méchant

Succès-surprise lors de sa sortie en octobre 2010, la touchante histoire de Gru, le faux méchant, a conquis les enfants, et souvent leurs parents. Détenteur du convoité "Kids Choice Award", décerné par la chaîne câblée Nickelodeon, il était réalisé par Chris Renaud en association avec les studios français Mac Guff Line, spécialisés dans la création d'effets visuels. La même équipe de choc remet donc le couvert pour ce Lorax, toujours chez Illumination Entertainment qui confirme son statut de "challenger" des géants Pixar ou DreamWorks.

Tout comme cela se fait d'ailleurs chez Pixar, un clin d'œil au futur film avait été inséré dans Moi, moche et méchant, le Lorax apparaissant sur l'un des tee-shirts de Margo, l'une des trois orphelines. Cette petite bête moustachue, et un peu caractérielle, est le gardien de la forêt, celui "qui parle pour les arbres". Et il a fort à faire lorsqu'un jeune homme, le Gash-pilleur, vient s'établir dans la forêt et découvre les Truffulas, des arbres dont le feuillage soyeux lui inspire une invention. Rejoint par sa famille, il en commence l'exploitation industrielle jusqu'à la disparition complète des arbres. Vivant en ermite, dans un paysage dévasté, il reçoit des années plus tard la visite de Ted, un ado venu de la ville voisine, Thneedville. Ce dernier est en quête d'un arbre pour conquérir le cœur de la belle Audrey. En effet, dans la cité emmurée, et sous la coupe d'un homme d'affaires cupide, le plastique est roi et la nature n'est plus qu'un lointain souvenir. On vous laisse découvrir la suite.

2. Une sortie pour briser la routine

Tous les parents connaissent le casse-tête: comment occuper les enfants en vacances lorsque le beau temps n'est pas de la partie? Avouons d'ailleurs que c'est souvent un faux problème. Eux savent très bien ce qu'ils veulent faire: parler sur Facebook avec leurs amis, jouer à la console ou s'affaler devant la télé et mater pour la douzième fois les passionnantes aventures de Dora, leur film d'animation préféré dont ils connaissent la moindre réplique par cœur ou zapper entre les différentes séries enfantines qui sont programmées sur les chaînes spécialisées.

Si le bête rire de votre préado devant des vidéos "trop lol" vous met les nerfs en pelote; si montent en vous des pulsions meurtrières envers cette exploratrice bilingue et son sac à dos qui parle; si dès la deuxième minute de L'âge de glace vous vous endormez ou que vous vous enfoncez des écouteurs dans les oreilles avec les Sex Pistols à fond, dès que résonnent les chants de Hannah Montana, il est temps de prévoir une petite sortie cinéma avec vos ouailles. Et ce Lorax est une excellente idée de sortie.

3. Un dessin animé classique mais moderne

Les concepteurs du Lorax ont bien fait les choses. Tout ce qui rend attractif un dessin animé classique est présent. Dans ce conte, il y a des gentils et des méchants et ce sont bien les premiers qui gagnent à la fin. Les enfants s'identifieront facilement au héros Ted, certes adolescent mais sans que les références à son âge soient trop marquées. Et sa manière de transgresser les règles du monde adulte – franchir les portes de la ville est interdit – pour réussir sa quête leur procurera sans nul doute un petit plaisir secret.

Le dodu Lorax et ses grosses moustaches a tout d'un "doudou" bien craquant. Les nounours, poissons chantants et autres bestioles qui l'entourent sont mignonnes, et drôles, et habitent dans un endroit aux couleurs chatoyantes qui rendent bien la féerie de ce paradis perdu. Il y a bien sûr des passages un peu plus sombres, sinon ce serait moins gai. La première entrevue avec le Gash-pilleur, reclu dans une sombre bâtisse, fera naître quelques frissons chez les plus jeunes. Tout comme l'exode des gentils animaux, une fois leur jolie forêt dévastée, devrait provoquer quelques larmes. Mais pas de quoi créer des cauchemars cependant. Du classique donc, mais revu par les codes et la technologie modernes. L'esthétique des aventures de Ted fait souvent référence aux jeux de plate-forme pour enfants, il y a des chansons, évidemment accompagnées de chorégraphies, et le film se regarde en 3D.

4. Eduquer sans en avoir l'air

La planète est en danger, on le sait. Nos enfants aussi. Mais si déjà nous nous sentons impuissants à renverser le cours des choses, imaginez ce que ça doit être pour ces petits bouts. Qui, comme les adultes d'ailleurs, ont des préoccupations quotidiennes bien plus importantes à leurs yeux. Si vous ne savez plus quoi faire pour les initier à des petits gestes simples, et surtout sources d'économie, comme bien fermer les robinets ou éteindre la lumière quand on quitte une pièce, Le Lorax pourrait bien s'avérer un allié précieux.

Dans cette fable écolo, l'importance du comportement individuel est mise en avant, tout comme les dangers de la surconsommation. Mais elle évite l'écueil de la culpabilisation ou de la moralisation à outrance. Présentée comme idyllique, l'artificialité de Thneedville prend vite des contours absurdes: l'oxygène se vend en bouteilles, les arbres sont remplacés par des lampadaires dont la lumière est commandable à distance… Tout cela pour le plus grand bonheur d'une population vivant dans l'insouciance la plus totale. Mais lorsqu'à la fin, repousse enfin un arbre au milieu de cette cité aseptisée, on ne serait pas étonné que plus d'un œil adulte s'humidifie d'une émotion toute enfantine. De quoi redonner envie à toute la famille de profiter de moments simples dans les lieux de verdure qui nous entourent.

5. (Re)découvrir les contes du Dr Seuss

Theodor Seuss Geisel, auteur-illustrateur américain, est sans doute le conteur le plus connu dans le monde anglo-saxon. Le Lorax (qu'il a écrit en 1972) est d'ailleurs sorti aux Etats-Unis le 2 mars 2012 pour célébrer le 108e anniversaire de sa naissance. On lui doit également d'autres histoires adaptées au cinéma comme Le Grinch, Le chat chapeauté ou Horton. Pourquoi ne pas renouveler votre stock d'histoires à raconter en explorant son œuvre? Outre les films précités, vous pouvez facilement trouver sur les sites de vente des histoires comme Les œufs verts au jambon ou Poisson Un, Poisson Deux, Poisson Rouge, Poisson Bleu. L'histoire du Lorax ne semble, par contre, pas disponible en français. Et c'est dommage parce que le film ne rend pas vraiment honneur à l'écriture de son auteur. Ce n'est sans doute qu'une question de temps. En attendant, le dessin animé nous permet au moins de redécouvrir les enjeux du développement durable avec des yeux d'enfant. Et rien que pour ça, merci Dr Seuss.

Le Lorax
Réalisé par Chris Renaud (2011) – 87'.

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