[CINEMA] La révélation Gabrielle

Attention, coup de cœur! L'équivalent féminin de notre Huitième jour est arrivé, et il vient du Québec.

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A travers l'histoire de Gabrielle, jeune femme handicapée mentale atteinte du syndrome de Williams, dont le désir s’éveille lorsqu’elle rencontre Martin. Parce que voilà, Gabrielle (l’actrice donne son nom et son corps au film) a envie d’avoir une vie "ordinaire", comme dans la chanson de Robert Charlebois qu’elle répète chaque jour à son cours de chorale. Un amoureux, un appartement, une vie à elle. En sera-t-elle capable? Ovationné dans les différents festivals qu’il a déjà parcourus (Locarno, Toronto, Namur – Gabrielle représentera d’ailleurs le Canada aux prochains Oscars), le deuxième film de Louise Archambault est tout simplement bouleversant. Au-delà du handicap réel (et jamais nié) de Gabrielle, le film cerne avec simplicité et justesse l’envie d’aimer "comme tout le monde" d’une jeune femme dont la grâce naturelle reste préservée. Magnifique portrait de jeune femme, le film touche juste dans tout ce qu’il montre: la pudeur du rapport amoureux, mais aussi les difficultés de Gabrielle, son rapport émotionnel intense avec sa sœur. Au lieu du kitsch attendu avec l’apparition live du vrai Robert Charlebois (interprétant son tube Lindberg avec la chorale), cette envolée lyrique finale amène Gabrielle directement à sa place. Dans nos cœurs.

GABRIELLE, réalisé par Louise Archambault. Avec Gabrielle Marion-Rivard, Mélissa Désormeaux-Poulin, Alexandre Landry – 104’.

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