Christopher Owens – Lysandre

Echappé de son groupe Girls, le beau gosse folk de San Francisco revient avec un carnet intime bluffant.

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Comme le souligne le magazine anglais Q dans sa dernière édition, la vie de Christopher Owens pourrait faire un scénario parfait pour un film de Wes Anderson.

Elevé les quinze premières années de son existence dans une secte aux mœurs douteuses (Children Of God), punk schizophrène et dealer dans les quartiers downtown de San Francisco pendant son adolescence, il a finalement trouvé le salut avec son groupe Girls, auteur de deux albums hippies/folks lumineux: "Album" en 2009 et "Fathers, Son, Holy Ghost" en 2011.

Devenu entre-temps la nouvelle icône des campagnes d’Yves Saint Laurent (Hedi Slimane est le fan n°1 de Girls), Owens a surpris tout le monde en sabordant en août dernier son groupe pour nous revenir avec un disque solo, "Lysandre".

"Dissoudre Girls ne fut pas une décision facile à prendre, mais je sentais que j’avais besoin de plus d’autonomie. Pour moi, l’art ne se conjugue qu’à la première personne du singulier. Il se trouve aussi que j’avais en stock depuis plusieurs années les chansons de "Lysandre" qui sont sans aucun doute les plus personnelles que j’aie écrites. Lysandre est le prénom d’une jeune Française que j’ai rencontrée sur la Côte d’Azur lors de notre première tournée avec Girls. Je me voyais mal demander à mon groupe de jouer sur cet album dont le propos est exclusivement introspectif."

Plus qu’une lettre d’amour à une fan avec qui il entretient toujours une relation amicale, "Lysandre" est un carnet de bord intimiste d’un jeune artiste qui ouvre son âme en même temps qu’il découvre le monde.

"C’est un récit de voyage avec son lot de chansons d’amour, de rencontres et de moments fugaces." Si on retrouve le folk pastoral, les envolées à la Beach Boys et les refrains dream pop déjà présents sur les deux premiers disques de Girls, "Lysandre" est par contre plus joyeux dans ses atmosphères.

Un sentiment qui s’explique à la fois par la concision pop apportée dans son écriture et par l’introduction de nouveaux instruments (le saxophone sur l’entraînant New York City,la flûte sur Lysandre’s Theme,une basse reggae sur Riviera Rock). Un gros, gros coup de cœur de la rédaction.

Le 6/3 au Botanique.

 

 

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