Christine, la Queen du Botanique reviendra au Cirque Royal

Phénomène transgenre de cette rentrée musicale, Héloïse Letissier a livré une prestation pleine de grâce et d'humanité ce samedi à l'Orangerie. Christine And The Queens reviendra en mars au Cirque Royal.

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Un an après avoir vu une artiste, prometteuse certes, mais encore très timide, en première partie de Gaëtan Roussel à l'Orangerie au Botanique, c'est une Héloïse Letissier, alias Christine And The Queens, piquante, virevoltante, sûre d'elle et toujours très humaine dans son attitude qui nous a époustouflés ce samedi dans cette même salle.

En un an, la jeune Nantaise a publié deux EP's, éblouit le grand public avec sa prestation aux Victoires de la Musique filmée par les caméras de France 2 et mis tout le monde d'accord avec son premier album "Chaleur humaine" paru fin juin. Pour cette tournée qui affiche sold-out partout où elle passe, Christine réalise son rêve de spectacle total. Accompagnée d'un magicien du laptop, d'un multi-instrumentiste et de deux danseurs blacks, elle chante en français et en anglais,  bouge en rythme, se volatilise, joue avec les effets de lumière… Et si la scénographie s'inspire en droite ligne de ses idoles américaines (Michael Jackson et  Beyoncé pour les chorégraphies, Laurie Anderson pour le minimalisme), Héloïse justifie pleinement le titre de son album en apportant sa chaleur humaine à elle,  sa grâce mais aussi toute sa simplicité et son humour.

Faute de repères dans le paysage de la chanson française, sa musique est qualifiée, ici et là, de pop "transgenre".  Toujours sur un fil malgré une trame qui ne laisse aucune place à l'improvisation,  son concert a le mérite en effet d'abattre toutes les frontières. On passe ainsi de l'ambiance d'un club londonien de drag-queens où elle a eu la révélation voici quatre ans à celle d'un laboratoire hip-hop underground, d'une chambre d'ado en plein questionnement  à la station  de métro parisienne Saint Claude, d'un refrain R&B à une boucle électro inspirée de la scène de Detroit.  Et vu comme ça, sa reprise  éblouissante des Paradis Perdus de Christophe où elle cite sur le refrain le Heartless de Kayne West, s'impose non seulement comme un des tous grands moments de son show, mais aussi comme une clef pour mieux percer l'univers tout en contraste de la belle. 

Sur scène, où sourires, petits déhanchements, lâcher de veste  et œeillades lui permettent de désamorcer les passages les plus sombres de son répertoire, Héloïse tutoie son public,  rappelle qu'il "faut être soi-même" et être fier d'être "dans la capitale de l'attitude".   Attitude, attitude… C'est vrai, mais c'est surtout la qualité de ses chansons qui fait la différence et qui fédère.  Mêlant tradition de la variété française et modernité de la pop anglo-saxonne, The Loving Cup (avec son riff pompé sur celui du Thriller), Starshiper, Ugly Pretty, Nuit 17 à 52, l'imparable Saint Claude ou Christine  sont des petits bijoux qui ont brillé dans la nuit bruxelloise et continueront encore longtemps à nous guider, telles des étoiles.   Les médias réunis au grand complet, les membres de Puggy, les couples homos, lesbiens et hétéros, les ados BCBG qui chahutaient devant nous en agitant leur smartphone avant d'aller s'éclater aux Jeux d'Hiver, le quadra barbu qui n'arrêtait pas d'aller s'approvisionner au bar… tout ce beau monde croisé dans l'intimité de l'Orangerie a vécu un grand moment. Christine And The Queens nous reviendra, bien sûr, mais ce sera dans des plus grandes salles.

A commencer par le Cirque Royal le 17 mars 2015. Préventes ouvertes dès ce mercredi 8 octobre. On vous conseille de ne pas trainer.

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