CharlElie Couture « La frime, c’est bon quand vous êtes jeune »

Depuis qu'il s'est exilé à New York voici dix ans, on avait l'habitude de parler de lui à l'imparfait. Réalisé avec l'élégant Benjamin Biolay, son album "ImMortel" sonne comme un nouveau départ.

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Contrairement à Serge Gainsbourg qui aimait provoquer en rabaissant la chanson à un art mineur, CharlElie Couture a toujours mis sur le même pied d'égalité chaque mode d'expression de l'âme. Dans sa galerie new-yorkaise située non loin de Central Park, il expose ses peintures, ses collages, ses sculptures et n'oublie jamais de mettre quelques disques bien en vue pour susciter la curiosité des chalands. Le Nancéien s'est exilé dans la Grande Pomme avec femmes et enfants voici dix ans, notamment parce qu'il se sentait mis à l'écart par les médias français. "On parlait de moi à l'imparfait, dit-il sans la moindre amertume. J'ai pourtant sorti régulièrement des albums (vingt-quatre à ce jour – NDLR) et donné des grands concerts dans des petites salles, mais j'étais passé à la Javel dans la presse. J'avais besoin d'un nouvel environnement pour me stimuler et me permettre d'aller plus loin sans devenir aigri."

L'heure du retour en grâce vient pourtant de sonner. Réalisé par Benjamin Biolay, "un fan de toujours","ImMOrtel" est un magnifique disque de poésie rock qui marie des sonorités new-yorkaises jamais très loin du Velvet Underground, les obsessions du chanteur (la mort, la place de l'artiste dans la société) et une touche finalement très française dans les arrangements. Comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, CharlElie reprend la route pour une série de concerts, publie une discographie intégrale et est enfin honoré par sa ville natale de Nancy qui présentera fin de l'année une rétrospective de son travail de plasticien.

L'interview de Charlelie Couture dans le Moustique du 15 octobre 2014

La critique de l'album

Charlelie Couture

ImMortel

[3*]

Exilé à New-York, Charlelie Couture reste, malgré 19 albums studio au succès respectable, l'homme d'un tube: "Comme un avion sans ailes"(1981).

Pour ce nouvel album écrit en anglais et français, le désormais franco-américain a fait appel à Benjamin Biolay pour offrir des chansons plus accessibles, moins rêches.

Raffiné et pop dans sa réalisation, sombre et élégant dans ses compositions et ses textes, ImMortel est une incontestable réussite. Charlelie Couture décevra peut-être certains fans intransigeants mais devrait ravir tout amateur de bonne chanson. Avec enfin la reconnaissance du grand public et des ses pairs à la clé? (JV)

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