C’est du belge: spéciale Léopold III

La moindre allusion à Léopold III soulève, inévitablement, le spectre de la guerre, de ses prises de position contestées et de la Question royale, qui fragmenta l'opinion publique belge. Pourtant, ce monarque ne se limite pas à cela.

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La moindre allusion à Léopold III soulève, inévitablement, le spectre de la guerre, de ses prises de position contestées et de la Question royale, qui fragmenta l’opinion publique belge. Pourtant, ce monarque ne se limite pas à cela.

« S’il n’était pas né fils de roi, il aurait pu devenir scientifique, mathématicien, ethnologue, botaniste, poète. Il fut tout cela et beaucoup plus », écrivait Marie-Esméralda de Belgique, sa fille cadette, dans Léopold III, mon père, paru en 2001.

Dix ans plus tard, Nicolas Delvaulx, déjà auteur de Léopold 1er, itinéraire d’un prince ambitieux signe un documentaire éponyme qui s’attache à détricoter l’étoffe humaine du roi. « Touché par le travail de mémoire d’Esméralda en faveur de son père », Delvaulx en fait la narratrice de son récit. « Son père lui a beaucoup parlé du métier de roi, de son règne dramatique. Ce qui était intéressant, c’était de raconter l’histoire vue de l’intérieur. On a eu accès aux archives de la famille royale. Là où nous connaissons les images officielles, nous avons pu montrer leurs coulisses, grâce aux clichés pris par Léopold III mais aussi par sa mère, Elizabeth. »

Collectant les points de vue de Valéry Giscard d’Estaing, Jean Piat, Mark Eyskens ou encore du prince Alexandre (sa dernière interview), Léopold III, mon père pose également sa caméra dans une poignée de lieux déterminants. Eton, tout d’abord, où Léopold est envoyé durant la Première Guerre mondiale. Guère heureux, au début, Léopold s’adapte, bûche dur, se passionne pour la géométrie et l’algèbre. Suivent la forteresse d’Hirschberg, où Léopold III et la famille royale furent déportés en 1944, le chalet tyrolien de Lilian de Réthy à Hinterriss et le fameux domaine d’Argenteuil, où une cour miniature se développa dès 1961.

Sans faux-fuyants, Esméralda aborde les convictions sociales et politiques d’un père englouti par le tsunami de son temps. Sans oublier sa deuxième vie, celle du photographe bourlingueur au penchant précoce pour l’écologie dont les clichés suscitent aujourd’hui l’intérêt des scientifiques. « Ce qui me marque chez lui, confie Nicolas Delvaulx, c’est le contraste entre l’homme public et l’homme privé, qu’on voit en singlet, les cheveux ébouriffés. Je crois qu’il aimait les hommes vrais, les rapports sincères. Il n’était pas un adepte de la realpolitik. »
Quentin Noirfalisse

25 février: 20h15 LA UNE C’est du belge: spéciale Léopold III

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