Ces provocateurs venus du froid

Les punkettes de Pussy Riot, les seins nus de FEMEN, les partouzes de Voïna… En ex-URSS, les militants des droits de l'homme sont prêts à tout. Bravaches, ils narguent ceux qui veulent les faire taire.

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On a beaucoup entendu parler des militantes russes de Pussy Riot, ces dernières semaines. Mais elles ne sont pas les seules à utiliser des moyens décalés pour attirer l'attention des médias (notamment étrangers) sur leur contestation. Parfois sévèrement réprimés, d'autres groupes ou individus tentent de faire valoir leur liberté d'expression dans les pays de l'ex-URSS. Et derrière le côté provoc, les messages n'ont rien d'anodin: droits des femmes en Ukraine, liberté de la presse en Azerbaïdjan, opposition à la dictature biélorusse, à l'oligarchie russe… Une poignée de ces militants de la liberté nous ont marqués par leurs faits d'armes et la disproportion de la répression qui les frappe.

 

Chattes sur un toit brûlant

Pussy Riot ("émeute de chattes"), Russie.

Même si on ne connaît que les visages de trois de ses membres condamnés pour "hooliganisme" le 17 août à deux ans de camp pour leur prière punk anti-Poutine, les Pussy Riot seraient huit ou plus. Le groupe est créé en 2011 lors des manifestations contre la réélection de Poutine. L'identité des cinq autres femmes reste secrète grâce aux cagoules tricotées par leurs soins qui, avec des bas flashy, font partie de leur "uniforme" distinctif.

Faits d'armes. Avec leur prière punkdans une cathédrale orthodoxe de Moscou, les "chattes émeutières" n'en étaient pas à leur coup d'essai. Concerts dans le métro, sur le toit d'une prison où des manifestants étaient enfermés, sur le toit d'un bâtiment de la place Rouge où elles ont scandé "Poutine se chie dessus"…

 

Supporters. L'artiste russe Pyotr Pavlensky s'est cousu la bouche en soutien au groupe. Aux Etats-Unis, dans le sillage de Madonna, qui a affiché son soutien sous son soutien-gorge ("Free Pussy Riot" était écrit dans son dos) lors d'un concert à Moscou, de nombreux artistes manifestent leur solidarité avec les punkettes.

 

Mets ta cagoule!

Artem Loskutov, Russie.

Cet "artiviste" de 22 ans, membre du Contemporary Art Terrorism, est poursuivi pour avoir affiché dans les rues des dessins d'icônes de la vierge cagoulée, à la manière des Pussy Riot. Il est accusé de blasphème. Quand la police lui a demandé comment ses empreintes digitales s'étaient retrouvées sur les affiches incriminées, Loskutov a répondu: "Ça doit être un miracle!"

 

Les contestataires aux seins nus

FEMEN, Ukraine.

Leur devise: "Sors, déshabille-toi et gagne." Et c'est en effet en bonne partie parce que ce groupe féministe mène ses actions (pour la démocratie, les droits des femmes et de la presse, l'environnement…) les seins nus que les médias adorent en parler. Mais cette nudité symbolise aussi la vulnérabilité des Ukrainiennes, à qui seul leur corps appartiendrait encore.

 

Faits d'armes. Depuis la création de FEMEN en 2008, les actions ont été nombreuses: appel à la "grève du sexe" pour dénoncer l'absence de femmes dans le nouveau gouvernement ukrainien, sensibilisation au tourisme sexuel lors de l'Euro de foot, manif de "soubrettes" devant l'appartement parisien de DSK… La dernière action en date est celle d'Inna Shevchenko. Le jour de la condamnation des Pussy Riot, elle a tronçonné, seins nus, une croix orthodoxe au centre de Kiev. Cet acte, qualifié de "hooliganisme", a lancé une véritable "chasse aux FEMEN" en Ukraine.

 

Supporters.FEMEN rassemble environ 300 membres en Ukraine, mais compte des sympathisantes ailleurs et notamment en Belgique, avec le FIST (FEMEN International Support Team), qui compte près de 2.500 amis sur Facebook.

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