Ce soir sur France 2: Semaine critique

Plus polémiste, plus heurtante et au final plus pétillante que Vous aurez le dernier mot, Semaine critique, l'émission animée par le même Franz-Olivier Giesbert dans la même case la saison dernière, a très bien réussi sa première partie de saison. L'objectif initial des 550.000 à 600.000 téléspectateurs a même été dépassé plus d'une fois

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Plus polémiste, plus heurtante et au final plus pétillante que Vous aurez le dernier mot, Semaine critique, l’émission animée par le même Franz-Olivier Giesbert dans la même case la saison dernière, a très bien réussi sa première partie de saison. L’objectif initial des 550.000 à 600.000 téléspectateurs a même été dépassé plus d’une fois.

Le programme, coproduit par Rachel Kahn (Ce soir ou jamais), a du mérite. On le sait: depuis l’arrêt de Bouillon de culture en 2001, France 2 s’acharne à trouver le meilleur concept littéraire, capable de plaire au plus grand nombre. Si Guillaume Durand a fait ce qu’il a pu pour remplacer Bernard Pivot en animant Campus pendant cinq ans, il s’est ensuite quelque peu fourvoyé avec Esprits libres (2006 à 2008). Tout comme Daniel Picouly et son Café littéraire, que la chaîne a dû ravaler après une seule et pénible saison.

S’articulant autour de deux débats, l’émission ne s’appuie pas seulement sur la personnalité passe-partout du patron du Point. Elle bénéficie de la présence de chroniqueurs dignes de ce nom, comme David Abiker, Caroline Fourest ou Elisabeth Lévy. Chaque semaine, qu’on adhère ou pas, on se passionne pour leurs joutes oratoires. Certes, le programme n’échappe pas à l’inévitable rituel de la promo. Dont Giesbert se défend: « On voudrait bien faire autrement, mais on ne peut pas. Cela dit, ce n’est pas forcément plus mal. Car les téléspectateurs préfèrent toujours voir un auteur ou un acteur au moment où ils sortent un livre ou un film. Et pas après! »

Le point d’orgue évident du rendez-vous, puisque la rubrique comptabilise plusieurs millions de téléchargements sur la Toile, reste La Semaine mythomane de Nicolas Bedos. Considéré comme la révélation télé de l’année en France, le fils de Guy se lance chaque vendredi dans un monologue de cinq minutes mêlant humour et surréalisme où, à l’extrême limite de la faute grave, le dandy décortique l’actu avec un éblouissant bagout. Dire que ce garçon d’à peine 30 ans envisage de tout plaquer fin de saison, pour se consacrer à ses premières amours, l’écriture de pièces et de fictions (notamment pour Josée Dayan)…

Pour l’heure, FOG semble donc avoir trouvé la formule quasi magique de faire du culturel auprès du public le plus large possible, mêlant les intellos aux « autres », sans jamais tomber dans un racolage de bas étage. Une bonne surprise issue du service public. Pourvu que celui-ci mise cette fois sur du plus long terme!
David Hainaut

18 janvier: 23h05 FRANCE 2 Semaine critique

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