Ce qu’il faut savoir sur les sélections parallèles du festival de Cannes 2015

Cette année, le délégué général de la Quinzaine Edouard Waintrop (ancien critique à Libération aux manettes depuis 2011) a dédié la sélection la plus indépendante du Festival aux femmes « suffisamment audacieuses et téméraires » pour affronter l’océan tumultueux du cinéma.

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La Quinzaine des réalisateurs

Dédiée aux femmes :

Naturellement, c’est la réalisatrice israëlienne Ronit Elkabetz (présente l’année dernière avec l’extraordinaire Procès de Viviane Amsalem) qui présidera le jury.  Au final, trois jeunes femmes réalisatrices dans la sélection.

La  chilienne Marcia Allende qui réalise un premier film sur son grand-père, Salvador Allende, Allende mi abuelo Allende. Et la réalisatrice américaine Chloé Zao qui présentera les touchantesChansons que mes frères m’ont apprises (produit par Forest Whitaker). Et la turque Deniz Gamze Ergüven est très attendue avec Mustang (co-écrit avec Alice Winocour) : un Bande de filles turque ?

Des habitués et des découvertes :

Désireuse de faire découvrir de nouveau talents (l’année dernière on pense à Whiplash, Bande de filles ou Les Combattants), la Quinzaine propose cette année un mélange de talents reconnus et de découvertes. On retrouvera des habitués de la Croisette comme Philippe Garrel, qui ouvrira avec L’ombre des femmes (chassé croisé amoureux avec Stanislas Merhrar et Clotilde Courreau). Arnaud Desplechin (débouté de l’Officielle), sera présent avec Trois souvenirs de ma jeunesse, avec Mathieu Amalric. Après le brillant Les Chevaux de dieu, Nabil Ayouch présentera Much loved sur la prostitution au Maroc.

Les découvertes attendues seront lituanienne, suédoise et américaine (avec deux films remarqués à Sundance, Dope de Rick Famuyima présenté en clôture, et le film de Chloé Zhao).

Les Belges en force :

Après Toto le héros (Caméra d’or 1991) et Le huitième jour (prix d’interprétation pour Daniel Auteuil et Pascal Duquenne), notre Jaco von Dormael revient à Cannes avec Benoît Poelevoorde dans le rôle de Dieu avec la comédie Le tout nouveau testament, co-écrit avec l’auteur belge Thomas Gunzig.

On retrouvera également François Damiens à l’affiche des Cowboys de Thomas Bidegain (scénariste du Prophète de Jacques Audiard, qui signe ici son premier long comme réalisateur).

On attendait le belge Joachim Lafosse pour Les chevaliers blancs inspiré du drame humanitaire de l’arche de Zoé – peut-être battu en brèche par l’espagnol Fernando Leon de Arona, qui parle aussi d’un drame humanitaire avec Perfect day.

Le défi des Mille et une nuits de Miguel Gomez :

Très attendu, le réalisateur portuguais Miguel Gomez (Tabou) revient avec une adaptation en trois parties (projetées en trois jours) des Mille et une nuits. En tout, 6h30 de film. AprèsCarlos d’Assayas et le P’tit Quinquin de Bruno Dumont, les films à épisodes n’effraient plus la Croisette.

Des films de genre :

Après l’excellent Blue Ruin, on retrouvera l’américain Jeremy Saulnier avec Green room, film de survival avec des skinheads et des punks – ça promet.

Enfin le réalisateur japonais Takashi Miike clôturera la Quinzaine avec film de vampire Yakusa Apocalypse.

Une Semaine Internationale de la critique très engagée :

Présidée par Charles Tesson, la Semaine de la critique a pour habitude de ne présenter que des premiers ou seconds films. L’année dernière c’est le film ukrainien en langage des signes, The Tribe, qui avait défrayé la chronique.

Cette année, on attend Les anarchistes, un premier film d’Elie Wajeman qui fera l’ouverture, avec Tahar Rahim et Adèle Exarchopoulos.

Une co-production belge au programme : Jérémie Rénier en soldat de retour d’Afghanistan dans Ni le ciel ni la terre de Clément Cogitore (co-production franco-belge), avec également Kévin Azaïs.

On retrouvera plusieurs pépites indépendantes (par exemple Paulina, portrait de femme argentin ou l’Américain Krisha) ainsi que des films engagés : un film très actuel, Mediterranea, de Jonas Carpignano, sur l’histoire de deux migrants africains qui débarquent en Italie. Et le film palestinien Dégradé, d’Arab et Tarzan Nasser, comédie noire tournée dans la bande de Gaza où vivent les réalisateurs.

En séance spéciale, on attend le premier film de Louis Garrel, Les deux amis, avec Vincent Macaigne et la sublime actrice iranienne exilée à Paris, Golshifteh Farahani.

Le film de clôture sera une comédie française sur la banlieue, La Vie en grand de Mathieu Vadepied, avec plein d’acteurs nouveaux venus.

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