Cathy Immelen: « Je ne suis pas née pour l’animation »

La Miss Cinéma de la RTBF a débordé de son cadre. On la verra bientôt au cinéma. En attendant, cette boulimique de boulot revient en version estivale avec Cathy, l'été.

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CinéStation, Screen, Télétourisme, Flash, Cathy l'été, Classic 21… A seulement 33 ans, Cathy Immelen affiche un très joli C.V. Et déjà quelques cicatrices. Son planning parfois un peu trop serré lui a valu un petit passage par l'hôpital. Mais qu'importe. Aspirée par sa passion de toujours, le cinéma, la belle, car elle a ça aussi, compte bien s'installer dans la durée avec une carrière à la Hugues Dayez. Et pourquoi pas reprendre le concept de Fourchette & sac à dos, une émission qu'elle adore? Enfin, quand son agenda le lui permettra…

L'animation télé, c'était une vocation?

Cathy Immelen – Plutôt celle du journalisme! Quand j'étais petite, je me souviens, j'enregistrais des fausses émissions radio sur mon magnéto où je faisais à la fois le journal, le top 50 et des émissions d'interview où je faisais les questions et les réponses. Malgré moi, j'ai toujours voulu faire ça. Par contre, je ne suis pas persuadée d'être née pour l'animation.

Mais c'est un job que vous aimez, quand même?

C.I. – Oui, mais je déteste me voir à l'écran. Je zappe automatiquement. La semaine dernière, je suis tombée sur le bêtisier où il y avait ma tête et j'ai éteint la télé. Ça me rend vraiment malade de m'écouter. J'essaie de regarder un petit peu pour pouvoir m'améliorer, mais parfois je ferme les yeux et je me bouche les oreilles quand je sais qu'il va y avoir une phrase que j'ai un peu mal dite.

Pour beaucoup, vous êtes devenue la Madame Cinéma de la RTBF. C'est un titre qui vous plaît?

C.I. – Enormément. Même si je préfère Miss Cinéma, "Madame" ça fait un peu vieux jeu. J'ai toujours 22 ans dans ma tête. D'un côté on peut se dire que je suis enfermée dans une case, celle du cinéma, et que je ne ferai jamais rien d'autre, mais en même temps, c'est ma chance aussi d'avoir une carrière longue durée: il y aura toujours des films à l'écran. Peut-être que je ne serai plus à la télé, mais je continuerai en radio alors. Si on veut toujours de moi. Et puis, ça fait treize ans que je bosse dans le domaine, j'ai acquis certaines connaissances.

Justement, ce n'était pas trop difficile d'être propulsée face à la bible cinématographique qu'est Hugues Dayez avec la culture d'une jeune fille de 21 ans?

C.I. – Si, clairement. Beaucoup me voyaient comme la petite blonde qui débarque de nulle part et qui ne connaît pas grand-chose. J'étais sous-estimée. C'est normal, je n'avais pas le même background que mes collègues de quarante ans qui ont vu tous les Hitchcock. Par contre, je n'ai jamais été intimidée, parce que pour moi, le conseil ou la critique cinéma, ça vient du cœur et des émotions d'abord. Je me mets à la place du spectateur qui, comme moi, n'a pas lu tous les ouvrages sur le ciné. Mais c'est valorisant de fréquenter quelqu'un d'aussi cultivé que Hugues.

Quels sont vos goûts en matière de cinéma?

C.I. – Je déteste les comédies romantiques, et tous les clichés hollywoodiens. J'aime beaucoup le cinéma nordique, je trouve qu'ils ont un humour assez particulier. J'aime les films qui choquent, qui dérangent, qui procurent une émotion. Ça peut être le rire, comme une comédie de Judd Apatow, ou un film de Michael Haneke sur la mort, mais il faut vraiment que j’aie des émotions fortes pour apprécier.

C'est un atout d'être une femme dans ce métier?

C.I. – Oui, surtout pour les interviews. Certains acteurs aiment rentrer dans un jeu de séduction et se livrent en balançant des clins d'œil.

Vous allez jouer un petit rôle dans un film avec Jean Dujardin… Côtoyer le monde du cinéma de si près vous a donné envie de passer de l'autre côté de la barrière?

C.I. – C'est vrai, c'est un peu inévitable, mais c'est un rêve de petite fille. J'avais déjà joué dans plusieurs courts métrages et ça m'apporte beaucoup dans mon métier de critique. Voir l'envers du décor a augmenté mon respect pour le travail des équipes. Concernant le film avec Jean Dujardin, ça s'est fait assez simplement. Ils cherchaient quelqu'un pour présenter le journal façon début des années 80, mais toutes les actrices le faisaient de façon trop académique. Du coup, j'ai passé un casting, et comme c'est mon métier, ça s'est plutôt bien passé (rire).

Quand on tape votre nom dans Google, la première chose qui apparaît, c'est votre interview catastrophe avec Marion Cotillard qui a fait le tour des bêtisiers. Elle était vraiment si désagréable que ça?

C.I. – Franchement, oui. Dès que je lui pose une question, elle me nie complètement, elle est ultra-désagréable. Une fois qu'on lui a dit que la caméra tournait, poker face, elle devient toute gentille. A ce moment-là, je me dis: "Super, elle était juste de mauvaise humeur". Mais pas du tout. A la fin, j'ai voulu lui serrer la main et elle m'a regardée de haut en bas puis s'est barrée. Ça fait un coup à l'ego, quand même, de se faire traiter comme ça. Moi qui avais la prétention de croire que j'ai un bon contact avec les gens…

C'est votre pire souvenir d'interview?

C.I. – Certainement. Alors, évidemment, il y a toujours des gens qui ne jouent pas le jeu ou ne parlent que de promo. Mais en général ça se passe bien, ce sont des pros, ils savent comment se comporter face aux médias.

En parlant de flop: avec le recul, quelle image gardez-vous de Flash, l'émission people de la RTBF qui s'est arrêtée l'an dernier? Qu'aurait-il fallu pour que ça marche?

C.I. – J'ai adoré, parce que j'y travaillais avec ma meilleure amie, Elodie de Sélys. D'un point de vue professionnel, c'était un gros plateau en faux direct et sans prompteur. J'y ai appris beaucoup. Par contre, pour que ça marche, on aurait dû avoir une autre case horaire… Etre face au JT de RTL et à 50 minutes inside, ce n'était pas vraiment fait pour nous aider. De plus, les gens nous ont vite catégorisées dans la case people, sans même voir l'émission, alors qu'il y avait de vraies interviews de fond. Enfin soit, je n'ai pas de regrets. Je trouve seulement dommage qu'on ne nous ait pas plus laissé notre chance, mais ça a allégé mon planning, ce qui n'était pas plus mal.

Pourquoi? Il était à ce point trop chargé?

C.I. – Oui, vraiment. Avec la radio, la presse écrite, CinéStation et Screen, je ne m'en sortais pas. J'ai dû être hospitalisée et m'arrêter deux semaines parce que mon cœur ne tenait plus le rythme…

Et maintenant, vous revenez avec l'émission Cathy, l'été pendant cinq semaines. Ça fait un peu titre de série B, non?

C.I. – (Rire.) C'est vrai, mais ce n'est pas moi qui ai choisi ce titre! Pour ma défense, j'étais en vacances. Par contre, on y verra un best of des émissions culturelles de la RTBF, comme Hep taxi! ou D6bels, mais aussi des interviews inédites que j'ai faites tout au long de l'année et j'en profiterai également pour présenter la série documentaire Babel Express. Bref, deux heures de culture accessible.

CATHY, L'ETE

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