Cascadeur: « Porter un casque, c’est pour se cacher et pour être vu »

A la veille de sa tournée estivale, interview de biais avec le dernier phénomène masqué.

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Cascadeur, projet solitaire de haute voltige lancé en 2005 par le Français Alexandre Longo (aucun lien avec la cycliste), aura longtemps tourné en orbite avant de toucher sa cible. Porté par la ballade hypnotique Walker,l'album "The Human Octopus" est la bonne surprise de l'année. Privilégiant un chant en apesanteur, un piano atmosphérique, des cordes délicates et des arrangements lumineux, Cascadeur marie la pop minimaliste et la mini-symphonie classique pour le meilleur et rien que pour le meilleur. Révélation des récentes Nuits Botanique, il revient cet été aux Francofolies et au Brussels Summer Festival. Pour vous, rien que pour vous, il accepte de tomber le masque.

Cascadeur est-il un artiste timide au point de se dissimuler derrière un casque de cosmonaute?
Cascadeur – Non. Au début, le casque était une manière de m'effacer derrière l'émotion brute de la musique et d'oublier que j'étais mal à l'aise sur scène. D'un autre côté, porter un masque, c'est aussi pour être vu. L'idée d'une double personnalité me fascine. Je suis passionné par tous ces personnages célèbres pour leur art qui sont devenus fantômes de leur vivant. Des gens comme Salinger, Brian Wilson, Howard Hughes, Terrence Malick.

Si Cascadeur rencontre Alexandre Longo, que lui dit-il?
Cascadeur – Je ne fuis pas. Je lui parle, j'écoute, je réponds à toutes ses questions. J'adore la musique et je suis fan de ceux qui la font. Un jour, j'ai eu l'occasion d'approcher le songwriter irlandais Perry Blake, qui est l'une de mes idoles. Il a été très froid et le mythe s'est cassé. Je me suis juré de ne pas être comme ça avec mon public. Mais bon, je ne suis pas vraiment une star.

Enfant, quel était votre déguisement préféré?
Cascadeur – J'ai longtemps porté la cape et la panoplie de Zorro. J'attaquais en duel mes potes de lycée avec une épée dont la fausse lame se terminait par une craie blanche. Je pouvais marquer mon nom sur les murs! J'avais aussi une belle parure d'Indien.

Cascadeur est-il un casse-cou?
Cascadeur – Enfant, je l'étais. J'étais un footeux et je me battais pour récupérer le ballon à l'adversaire. A la régulière, mais je me battais. Musicalement, je suis un adepte de la maîtrise. Un vrai perfectionniste. J'ai passé trois semaines rien que pour mixer Walker. Je crois avoir hérité ça de mon père. Il a été architecte avant de devenir directeur de l'école des Beaux-Arts de Metz. C'est prétentieux, mais j'ai l'ambition de construire des petites cathédrales. J'aime cette approche cérébrale de la musique. Je dessine des plans de mes chansons quand je compose.

Dites-nous une chose que vous n'avez pas encore dite à un journaliste.
Cascadeur – J'ai accompagné Patrick Juvet sur scène comme musicien. On jouait dans les soirées rétro des boîtes de nuit en province. Je n'en ai pas honte. Musicalement, je n'en tire rien, mais humainement j'en garde un excellent souvenir. Il m'a raconté des tas d'histoires dingues sur sa période I Love America quand il sortait au Club 54 de New York avec Grace Jones, des travestis, du champagne et de la coke partout.

 

  • http://www.cascadeursound.com

 

Le 23/7 aux Francofolies de Spa.
Le 20/8 au Brussels Summer Festival.

CascadeurThe Human Octopus
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