Captain America: Born in the USA

Si la tendance s’inverse au milieu du film, la première moitié de cette adaptation du comic book américain écoulé à plus de 200 millions d’exemplaires fait davantage dans le coup de gueule que dans le coup de poing.

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C’est-à-dire qu’elle prend son temps pour situer le contexte dans lequel naît Captain America, à savoir les Etats-Unis en plein effort de guerre durant les années 40. Et pour tisser les contours sociologiques du personnage: bien droit dans ses baskets et sous son petit masque bleu tendance bonnet de bain intégral, le capitaine incarne en fait un trio de valeurs avec lesquelles ça ne rigole pas chez l’Oncle Sam: le patriotisme, l’engagement et le combat contre le mal absolu (les nazis, en l’occurrence). Premier bon point: tout cela est expliqué sans perte de souffle ni débauche moralisatrice neuneu, et soutenu par une superbe photographie. Ce qui ne gâche rien et permettra aux non-initiés de bénéficier d’un décor bien planté avant d’entrer dans le vif du sujet.

Seconde bonne surprise: le film ne s’essouffle pas lorsqu’il sort l’artillerie lourde. Cette seconde partie se regarde avec grand plaisir, même si elle s’avère plus prévisible, tant elle suit fidèlement la trame des bouquins: un soldat américain devient le Captain lorsqu’on lui injecte un sérum décuplant ses forces et permettant au monde libre de se débarrasser de l’infâme Crâne Rouge, sorte de croisement entre un Fantômas en moins ringard et un Hitler en phase terminale de fanatisme.

Même si tous les ingrédients du blockbuster bien calibré répondent à l’appel (de l’action, des effets spéciaux et ce qu’il faut d’amourette), ils sont aussi rehaussés de quelques clins d’œil qui tombent à pic avec l’actualité récente. Comme cette scène insinuant que la création du héros a évité une crise financière majeure en boostant l’achat massif de bons d’Etat américains. Captain America, Barack Obama, bientôt même combat?

Captain America: The First Avenger
Réalisé par Joe Johnston (2011). Avec Chris Evans, Hugo Weaving, Samuel L. Jackson – 124’.

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