Cannes : François Damiens en mode Cowboys

A la Quinzaine des réalisateurs, François Damiens est venu défendre Les Cowboys, un western contemporain sur fond de Djihad, produit par les frères Dardenne.

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Pour son premier film en tant que réalisateur, Thomas Bidegain (scénariste du Prophète de Jacques Audiard) a vu grand : Les Cowboys raconte sur près de vingt ans (de 1994 à 2012) l’histoire d’une famille déchirée par la disparition de la fille, partie rejoindre le Djihad. Décliné en plusieurs chapitres censés expliciter la narration un peu chaotique du début, le film se présente comme un drame familial épique dans lequel un père fan de musique country (François Damiens en mode Broken Circle breakdown) et un fils (la révélation Finnegan Oldfield, également présent dans Ni le ciel ni la terre aux côtés de Jérémie Rénier à la Semaine de la Critique) vivent dans l’obsession de retrouver leur fille et sœur, qui s’est convertie en cachette à l’Islam radical. Des camps de passeurs gitans de Charleville-Mézières aux filières syrio-pakistanaises, leur vie est rythmée par les bribes d’informations qu’ils découvrent, censées les amener aussi la découverte d’eux-mêmes. Pour le meilleur, et pour le pire.

Très contemporain (on pense notamment à la compagne du terroriste Coulibaly, responsable de l’attentat de l’HyperKasher à Vincennes suite à l’attentat contre Charlie Hebdo en janvier dernier – et aux jeunes de plus en plus nombreux à s’engager pour l’Etat islamique), rythmé par les attentats qui ont ponctué ces dernières années (le World Trade Center, Madrid, Londres), le film ne cache pas son ambition politique, même si Thomas Bidegain se défend d’avoir voulu traiter le Djihad en tant que tel. Son but ? « Raconter sur trois générations, comment on s’adapte ou pas à une telle disparition, comment des gens simples sont propulsés dans le fracas du monde ». L’ambition est grande et louable, mais le film n’est pas toujours à la hauteur. A vouloir brasser trop large (les références marquées au code du western, les ellipses trop grandes et la multiplication risquée des points de vue), le film perd en puissance (de scénario justement). Chaotique au début, le film s’illumine en deuxième partie avec la présence électrique de l’acteur américain John C. Reilly (ultra stylé avec sa cane sur tapis rouge dans The Lobster et chez Matteo Garrone), superbe en mercenaire apache qui traite en langue ourdou ( !) avec les passeurs paki. Le vrai cowboy du film, c’est lui.

Les Cowboys de Thomas Bidegain. Avec Finnegan Oldfield, François Damiens, John C. Reilly.

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