Cannes: Brad Pitt vs. Barack Obama dans Killing them softly

Le réalisateur australien Andrew Dominik (L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford) retrouve Brad Pitt dans un thriller post moderne sur l'Amérique en crise.

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Etonnant, violent, ultra stylisé, le film pourrait être un cousin de Drive qui fit sensation à Cannes l'année dernière, le message politique en plus.

Dans l'Amérique ruinée, Brad Pitt incarne un tueur à gages engagé pour liquider le tenancier d'un tripot (Ray Liotta – sorti des Affranchis de Scorsese) pris au piège par des escrocs minables. Ironie de l'époque, c'est aussi la crise chez les tueurs.

Film de gangster sublimé par une esthétique ultra léchée (scènes de meurtre très violentes filmées comme des opéras, au ralenti, sur une B.O décalée, Lou Reed, Johnny Cash…) Killing them softly déroute par son audace formelle et son engagement politique.

Parce qu'à côté des gros bonnets des films de gangsters (Ray Liotta, James Gandolfini…), Barack Obama s'invite littéralement au casting, à travers de larges extraits de ses discours de campagne qui scandent tout le film.

Andrew Dominik réalise par là une sorte de rêve ultime, faire dialoguer virtuellement deux icônes américaines modernes (l'homme politique et la star de cinéma) sur la fin du rêve américain.

Répondant à Barack Obama qui rêve encore d'Amérique unie, le personnage de Brad Pitt emporte la réplique finale  « L'Amérique n'est pas un pays, l'Amérique c'est un business, et je veux mon fric maintenant ! ».Un film pessimiste, mais brillant.

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