Cannes 2013: On a vu… Wara no tate / Bouclier de paille (Compétition officielle)

Takashi Miike, ça passe ou ça casse. Et ça casse au moins une fois sur deux. Il faut dire que le Japonais controversé tourne plus vite que son ombre et que peu de réalisateurs seraient capables de sortir deux Audition par an.

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Malgré tout, il nous avait laissé un excellent souvenir dans les pupilles avec son film de sabre 13 assassins. Si l’annonce de sa sélection dans la compétition officielle a étonné les habitués cannois, aucune raison de penser cependant passer un mauvais moment en sa compagnie lors de la projection sur la Croisette de Wara no Tate, son dernier opus en date. D’autant que le pitch était franchement alléchant.

 

On retrouve une gamine de huit ans violée et assassinée par un détraqué qui n’en est visiblement pas à son coup d’essai. Le grand-père de la petite, grand magnat de l’industrie, promet 1000 000 000 de yens à qui trouera la peau du violeur.  Ce dernier est placé sous la protection d’une escouade de super-flics, tandis que tout le Japon se lance à leurs trousses.

 

S’ensuit un jeu du chat et de la souris dopé aux séquences choc, Miike s’amusant comme un gosse à utiliser tout ce qu’il a sous la main pour se faire plaisir : des plans déments en hélicoptère, des quantités de bagnoles qu’il fait valdinguer avec la même rage riante que mon fiston dans  sa chambre, des gros camions blindés qu’il entrechoque avec fracas et un wagon de train, objet de tous les fantasmes meurtriers d’une population démente qui veut jouer les justiciers.

 

On a compris où le bouillant nippon veut en venir. Mais il a oublié en route que l’enfer est (souvent) pavé de bonnes intentions. Et sa réflexion sur la peine de mort passe largement au second plan d’un film d’action mené à un  train d’enfer.

 

Si sa mise en scène est d’une efficacité redoutable et ferait passer Speed pour un voyage pépère dans un tortillard de la SNCB, le fond psychologique, lui, a toute la finesse de Godzilla dans un magasin de porcelaine. Vous l’aurez compris : ça casse. 

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