Cannes 2013: On a vu Fruitvale Station (Un certain regard)

Tiré d’un fait réel, le film a ému les festivaliers. Sentiment que l’on a pas tout à fait partagé parce que l’on s’est senti pris en otage.

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Par son CV d’abord : le film a remporté le dernier Festival de Sundance (or, il est beaucoup moins fort que Les Bêtes du sud sauvage, lauréat précédent). Par son histoire, ensuite. Terrible. Dans le sens injuste, dégueulasse. 

 

Celle d’Oscar Grant, jeune chômeur black de 22 ans, qui s’est fait abattre par un policier lors d’un banal contrôle après une bagarre dans le métro Fruitvale à Oakland. Coogler qui, c’est un fait, ne filme pas comme un manche, essaie d’en imposer par le côté irréfutable de l’émotion dégagée par son récit.

 

Mais c’est justement là que le bât blesse. Car une telle histoire demande du recul, de la réflexion. Focalisant la caméra sur le seul Oscar (et sa petite famille), Googler nous impose de le trouver sympathique, d’autant qu’il n’y va pas avec le dos de la cuiller. Oscar est presque trop beau pour être vrai (bon père, bon fils, ancien dealer plein de bonnes résolutions), et l’on ne peut que s’offusquer des violences policières dont il sera l’objet.

 

Que veut donc nous dire le réalisateur, en dehors de l’étirage sur tout un film d’un sinistre fait divers ? Ce manque de véritable point de vue dessert une éblouissante distribution, dont l’impressionnant Michael B. Jordan découvert dans la série Sur écoute.

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