Cannes 2013 Jour 2: Notre critique de The Bling Ring de Sofia Coppola

Sofia Coppola ouvre la sélection Un Certain Regard avec The Bling Ring : un film glam-trash réussi.

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L’enfant terrible de Cannes poursuit son exploration de la jeunesse dorée d’Hollywood avec l’adaptation d’un fait divers qui a marqué Los Angeles.

 

Pour son cinquième long-métrage, l’auteur de Lost in Translation met en scène un groupe d’adolescents qui cambriolent la nuit dans les maisons des célébrités (comme Linsday Lohan ou Paris Hilton).

 

Le groupe, accro aux fringues léopard et aux chaussures Chanel, formé de quatre jeunes filles et d’un jeune homme (étonnant Israel Broussard) est surnommé par les médias The Bling Ring. Fascinée par les marques de luxe, la bande va sévir quelques mois, avant d’être arrêtée. L’occasion pour Sofia Coppola, après l’atmosphérique Somewhere (Lion d’or à Venise 2010) qui analysait l’ennui d’un acteur hollywoodien, d’observer à nouveau la vacuité des mœurs californiennes.

 

Mais cette fois-ci, la réalisatrice change de style. Inspirée pour le scénario du film par un article du journal Vanity Fair, Les suspects portaient des Louboutins, Coppola s’autorise un peu plus d’action, beaucoup de caméra à l’épaule et un montage plus cut qui alterne séquences people, scènes de cambriolage (très belle scène de nuit filmée depuis les hauteurs d’Hollywood), clips de défonce en boîte et portrait de familles californiennes flippantes.

 

Les amoureux de son style ne seront pas déçus pour autant : la réalisatrice de The Virgin Suicides et Marie-Antoinette est toujours fascinée par les jeunes filles blondes qui marchent avec des talons trop haut, les cheveux dans le vent. Inattendue dans le rôle d’une californienne sans repère, l’actrice anglaise de 23 ans Emma Watson délaisse Harry Potter pour se glisser à merveille dans l’univers glam-trash de The Bling Ring.

 

On ressort de cette chronique hollywoodienne avec l’impression étrange d’avoir côtoyé une jeunesse aliénée par le vide et les paillettes.

 

Qui n’a l’impression d’exister que dans le dressing particulier de Paris Hilton (qu’elle a d’ailleurs vraiment ouvert au plateau pour l’occasion). Sofia Coppola dénonce ces idoles de papier autant qu’elle cède à leur fascination ironique. Malgré la crise, son tableau de l’Amérique bling bling n’est pas prêt de s’effondrer.

 

The Bling Ring
De Sofia Coppola. Avec Israel Broussard, Emma Watson, Taissa Farmiga.

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