Cali – Vernet-les-Bains

Le chanteur revient sur un album apaisé, clin d’œil amoureux à son village natal.

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Moins émoustillé et engagé qu’autrefois, sans doute soulagé de voir à nouveau la gauche présider la France, Cali calme le jeu et marque son retour au niveau local, à "Vernet-les-Bains", son village d’enfance.

"C’est là où j’ai grandi, où j’ai embrassé et fait l’amour pour la première fois, s’enthousiasme-t-il. En règle générale, je suis mauvais pour trouver les titres de mes albums, mais cette fois, c’était facile. "Vernet-les-Bains", c’est comme une promenade dans ma mémoire."

Epuré, recentré sur des arrangements plus acoustiques qu’à l’accoutumée, ce disque voit le Catalan cabotiner sur des mélodies esquissées à la guitare, au piano, parfois rehaussées d’une touche de violon. Comme toujours chez Cali, l’amour est dans le pré (L’amour est éternel), mais cela ne l’empêche pas de décliner des thèmes comme l’adolescence (La grotte des amoureux), la paternité (Mes vieux cinglés) ou la vieillesse (Une femme se repose). De quoi se poser des questions. "La crise de la quarantaine? Je ne sais pas. Je me sens toujours mieux en compagnie d’un ado de 15 ans qu’avec un adulte de cinquante berges. Je n’ai pas l’impression d’avoir grandi. Parfois, c’est bien de se dire qu’on vieillit. Mais, en définitive, ma perception de la vie est paradoxale. D’un côté, j’espère vivre longtemps. De l’autre, j’ai envie de tout cramer sur-le-champ. Heureusement, je viens d’avoir une petite fille. Ça m’a fichu un sacré coup de jeune."

Si "Vernet-les-Bains" pioche ses idées dans le terreau local, les chansons ont germé sur les routes, entre Paris et Perpignan ou, plus loin encore, de l’autre côté de l’Atlantique. "Un soir, un cow-boy est venu me trouver après un concert. C’était un Français installé aux Etats-Unis, dans l’Etat du Wyoming. Il possédait un ranch et projetait d’aller du Mexique au Canada à cheval. Il m’a proposé de venir avec lui. D’un coup, je me suis retrouvé là-bas avec une boussole et une carte.  On dormait à la belle étoile. Il fallait tout le temps faire gaffe aux grizzlys et aux serpents à sonnette. C’est là, sur le dos d’un mustang que j’ai composé le morceau L’amour est éternel."

Cali reste cet artiste déroutant, imprévisible, capable de servir une mièvrerie de vieux don Juan (Tu me manques tellement) et, dans un même élan, de réunir la crème de la chanson française sur un final réjouissant. De passage sur le dernier morceau de l’album (Happy End), Bénabar, Mathias Malzieu (Dionysos), Dominique A ou Miossec partagent le micro avec Cali.

"Certains considèrent que j’ai réalisé un exploit en faisant chanter ces gens ensemble. Pour moi, c’est tout à fait naturel. Je me sens hors catégorie. Je ne me vois ni comme un artiste commercial ni comme un chanteur indépendant. Je crois qu’on met de fausses barrières entre ces chanteurs. Alors oui, on peut considérer Bénabar comme un artiste grand public. En même temps, j’aime penser que Dominique A pourrait être le plus commercial de la bande! Ses chansons s’adressent à tout le monde: elles parlent de la vie." Celle de Cali reste en tout cas bien remplie: des femmes, des bambins et des potes. Que demander de plus?

 

 

Cali
Vernet-les-Bains
PiaS

D6BELS ON STAGE JEUDI 6 LA DEUX 22H55

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