Business de l’infidélité: « Il fallait juste oser »

Tromper son conjoint n’est plus un tabou. C'est même devenu un marché, avec ses sites et ses services personnalisés. 

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Pour Chris Paulis, anthropologue à l'Université de Liège et membre de l’Observatoire du couple à Paris, le business de l'infidélité n'est que la suite logique de sa banalisation à grande échelle.

Comment expliquer que l'infidélité soit à ce point banalisée?
Chris Paulis – Vous savez, les règles traditionnelles régissant la vie de couple ont d'abord été édictées pour veiller aux intérêts des enfants. Dans la plupart des cultures, l’adultère était ainsi réprimé car il plaçait la structure familiale en danger… Mais aujourd’hui, les gens ont la possibilité de faire des enfants sans se marier. Et en cas de séparation, des lois et des formules existent pour continuer à protéger les enfants. L’adultère est donc devenu moins transgressif.

Il est aussi plus facile?
C.P. – Face aux difficultés de la vie moderne – stress au boulot, horaires, budget serré -, une certaine lassitude s’installe, tandis qu’à l’extérieur, les sources d’évasion se multiplient. Pour les deux partenaires. Aujourd’hui, les femmes travaillent, elles ont elles aussi accès à la sphère publique: elles ne doivent plus se contenter du plombier ou du jardinier! Mais les couples tiennent malgré tout à leur équilibre: pour ne pas blesser l’autre, pour conserver son amour, pour protéger les enfants, pour des questions financières, on met en place des stratégies pour pimenter sa vie sans la bousculer complètement.

Ceux qui se font de l’argent en facilitant ces aventures extraconjugales avancent que c’est pour le bien-être des couples…
C.P. – Il y a toujours eu des facilitateurs: des domestiques discrets, une copine qui prête son appartement… Toucher de l’argent pour cela, être payé pour élaborer des scénarios dignes de séries télé, c’est un cran au-dessus. Mais c’est dans l’air du temps, tout s’achète… Il fallait juste oser.

Portrait d'infidèles

– Ils ont surtout entre 30 et 50 ans
– 63 % d'hommes, 37 % de femmes
– 91 % sont mariés ou en couple
– 9 % sont fraîchement célibataires, souvent séparés ou divorcés
– 11 % recherchent des relations homosexuelles ou bisexuelles

Selon le site Gleeden.

Dossier complet dans le Moustique du 1er août

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