Brigitte: Les filles qui parlent aux filles

Avec son look rétro et son folk version 2.1, le duo parisien nous fait danser la java. Et rire un peu, beaucoup...

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Etait-ce un postulat de départ de créer un duo de filles qui parle surtout aux filles?
Aurélie Maggiori – Nous n'avons pas rédigé de cahier des charges à ce sujet. Mais il faut bien reconnaître que nos paroles vécues et notre look totalement décomplexé donnent un aspect très féminin à notre musique.

A vos concerts, c'est pourtant 50 % de filles et 50 % de mecs.
Sylvie Hoarau – Les hommes viennent nous voir un peu comme on lit un magazine féminin en cachette. Conscients qu'ils entrent dans un territoire qui leur sera un peu étranger au niveau de nos textes très sexués.

Comment définissez-vous votre musique?
A.M. – Nous sommes le cauchemar des programmateurs radio et des chefs de rayon des grandes surfaces culturelles. Mais c'est justement cette variété de styles qui a fini par plaire.
S.H. – Beaucoup de titres ont bercé notre culture musicale, comme les premiers Michael Jackson, Abba, Donna Summer. Mais aussi des choses beaucoup plus indie, comme The Black Keys.

Votre look, c'est quoi au juste?
A.M. – Nous mettons en avant une mode à la fois timide et exubérante. Sans avoir de dévotion pour une icône en particulier, on aime l'art nouveau, les années 40 ou 60, pour le côté tiré à quatre épingles. Nous avons toujours préféré le vintage à la mode d'aujourd'hui.

Comment combine-t-on le fait de monter sur scène en robes à paillettes avec un statut de mères de famille bien rangées?
S.H. – Quand nous enfilons nos robes à paillettes, nos enfants savent que nous allons travailler. Que c'est leurs papas respectifs qui vont les garder. C'est devenu une habitude. Et puis, les Brigitte ont complètement intégré leur vie de famille à leur travail. Contrairement à Nick Cave qui va au bureau de neuf à dix-huit pour écrire des chansons et rentre chez lui ensuite!
A.M. – J'ai commencé à composer l'album lorsque j'étais enceinte et j'ai continué avec un nouveau-né dans les bras. Je n'avais de toute façon ni les moyens ni l'envie de payer quelqu'un pour s'en occuper. On a donc travaillé à la maison.

Contre quels maux vous battez-vous?
A.M. – Contre le spleen et la morosité. Si en nous voyant sur scène, des filles ressortent d'anciens habits de leurs placards pour aller faire la java, c'est gagné.

A quoi ressemblera votre deuxième album?
A.M. – Nous ferons tout pareil. Sauf que je ne serai plus enceinte!
S.H. – La seule limite que l'on se fixera sera de ne pas travailler pour plaire absolument à notre public. Ce genre de contrainte ne donne jamais rien de très qualitatif.

D'autres envies que la musique?
A.M. – On pense souvent au cinéma.

Quels sont les films préférés de Brigitte avec Bardot?
S.H. – Le mépris. Mais entre Piccoli et Bardot, je me demande encore qui est le plus sexy des deux.

Et avec Lahaie?
A.M. – Les petites écolières. Je ne l'ai pas vu. Mais j'adore le scénario (une tenancière de maison close se reconvertit en ouvrant une pension pour jeunes filles – NDLR). Je me demande si je ne vais pas le louer. Peut-être qu'il m'inspirera un texte qui fera parler de nous en 2012.

Brigitte
Et vous, tu m'aimes?
PiaS

Le 26/1 au Cirque Royal, Bruxelles (complet).
Le 24/3 au Bel'Zik Festival, Herve.

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