Boule et Bill, de la BD au ciné

L'adaptation de Boule et Bill n'est pas l'exacte réplique de la bande dessinée. Mais pourtant, elle ne trahit pas l'univers de Roba.

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Première adaptation au cinéma des aventures de Boule et Bill enfantées par Roba en 1959 (et reprises par Laurent Verron en 2003), ce film a surmonté tous les obstacles sur lesquels la majorité des autres tentatives du genre se sont cassé les phylactères. Sa recette: adapter, mais pas trop. Mais, par contre, coller de près à la mentalité d’une époque et à l’esprit des 34 albums.

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Mais même si le long métrage n’est donc pas une copie fidèle de la bande dessinée, les réalisateurs ont évidemment conservé les balises favorites des bédéphiles. "L’univers de Boule et Bill comporte quelques éléments intangibles avec lesquels on ne transige pas trop. Comme la maison de la famille, la niche de Bill, papa, maman. Et bien sûr, les deux héros principaux." Revue de détail et jeu des différences entres les images du film et les pages des livres.

Home Sweet Home – La maison de Boule & Bill!

Élément fondamental de la vie familiale, la maison a toujours été quelque peu idéalisée dans les bouquins, selon l’aveu même de Roba. Qui se plaisait à répéter: "Elle symbolise surtout l’harmonie du foyer. Contrairement à ce qui se passe généralement dans la réalité, il ne s’y produit aucun drame de grande ampleur. Juste une rougeole de temps à autre, ou une bêtise qui fait rire les parents, même quand Bill passe à travers la porte de la cuisine. Je sais que je dessine un univers fantasmé, mais j’assume". Même chose dans le film. Si, esthétiquement, les deux bâtisses ne sont pas exactement les mêmes, il y règne par contre (généralement) une sérénité identique. Et le foyer représente donc une sorte de cocon isolé des turpitudes du monde.

A la niche – En visite chez Bill!

Si la même chose arrivait à Tintin, les cerbères de Moulinsart, qui veillent sur la cohérence graphique des aventures de leur poulain (aux œufs d’or), vireraient verts de rage, mille sabords! Mais, chez Boule et Bill, pas de quoi fouetter Caroline si chaque détail n’est pas conforme. Les murs de bois sont blancs dans le film et jaunes dans les albums. Une différence qui s’explique sans doute par la volonté des réalisateurs d’aligner les teintes de la demeure du toutou sur celles de l’habitation de Boule (alors que ce n’est pas le cas dans les BD). Par ailleurs, les toits (tous deux rouges), arborent, donc, la "bonne" couleur.

Bien dans leur époque – papa et maman

Physiquement, la ressemblance entre Franck Dubosc et le papa bulle de Boule ne saute pas aux yeux. Cheveux bruns tendance gris et lunettes pour le premier, noir jais et visites régulières chez l’ophtalmo pour le second. Par contre, Dubosc incarne bien l’état d’esprit paternel: un pied dans l’enfance et un autre dans le monde des adultes. De plus, les réalisateurs ont parfaitement compris ce qui rendait le personnage vraiment attachant: son refus obstiné de laisser le dernier mot à ceux qui le font enrager. Un soupçon de mauvaise foi à l’appui. Plus pacifique et plus ressemblante: la mère. Après son heure de brushing quotidien avant de débouler sur le plateau, Marina Foïs, elle, est très ressemblante à la maman créée par Roba. Qui expliquait à propos de sa "créature": "On m’a accusé de sexisme parce qu’on ne voit pas beaucoup la mère de Boule. Ou alors souvent dans des tâches ménagères. Mais c’est faux! C’est elle qui tient tout dans la maison". Main manucurée de fer dans un gant de velours, maman est aussi discrète que décisive dans les moments-clés. Tant dans les bouquins qu’à l’écran.

Touche pas à mon pote – Boule et Bill

Les deux meilleurs amis du monde évoquent de près leurs modèles. Boule est roux et potelé. Tandis que Bill prend les traits d’un cocker particulièrement conciliant (sans nul doute aidé par un dresseur que l’on devine patient, et peut-être aussi par quelques effets numériques pertinents). Dans le film, le chien se sert moins de ses oreilles et Boule se rend toujours aussi peu à l’école. Mention spéciale à Charles Crombez, neuf ans et toutes ses dents. Qui, pour le premier rôle de sa vie, se met parfaitement en Boule. Et est arrivé à mettre un chien, des bédéphiles sceptiques et des familles entières dans sa très grande poche.

Boule et Bill – Bande-annonce

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