Botanique: Les comptes des Mille et Une Nuits

Le festival du Botanique souffle ses vingt bougies avec une collection printemps toujours dans la tendance. Visite guidée.

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Il y a deux manières de fêter un vingtième anniversaire. Poser un regard nostalgique et teinté de fierté dans le rétroviseur ou scruter l'horizon en balisant le chemin qui reste encore à parcourir. Et si Paul-Henri Wauters, organisateur du festival des Nuits Botanique, est plutôt du genre à aller de l'avant, il a aussi raison de rappeler que chaque nouvelle édition des Nuits repose sur un mélange subtil d'ingrédients ayant déjà fait ses preuves.

Entre visages connus qui viennent dévoiler leur dernier album, créations propres et présentation de nouveaux outsiders, les Nuits 2013, qui se déroulent du 30 avril au 13 mai, s'inscrivent parfaitement dans la continuité tout en restant d'une rare audace.

Les Nuits Botanique répondent-elles à la même philosophie qu'il y a vingt ans?
Paul-Henri Wauters – L'esprit est le même, mais certaines tendances s'affirment plus que d'autres. Un exemple? Dès le début du festival, nous avons voulu être une vitrine pour la production locale. C'est toujours le cas aujourd'hui avec une affiche où on retrouve près d'un tiers d'artistes belges. La différence, c'est qu'en 2013, le niveau qualitatif des groupes belges est beaucoup plus relevé, ils n'ont plus à rougir de la concurrence internationale. Pour le reste, nous proposons comme dans le passé 50 % de nouveautés et 50 % de groupes qui sont déjà venus pendant la saison. On a aussi des créations, une Nuit belge, des découvertes, des valeurs sûres…

De quoi êtes-vous le plus fier aujourd'hui?
Fêter son vingtième anniversaire est le signe d'une maturité. C'est aussi l'occasion de rappeler qu'un festival est un organe vivant qui évolue. Au fil de leurs éditions, les Nuits ont acquis une réputation et une notoriété internationales. Je suis toujours touché lorsque des artistes me disent qu'ils se sentent comme à la maison aux Nuits ou qu'ils insistent pour venir chez nous alors qu'ils reçoivent des offres financières deux à trois fois supérieures pour jouer ailleurs. Cette année, c'est le cas de l'Anglais Miles Kane, de Woodkid ou de Ed Banger, le label de Justice qui fête son dixième anniversaire.

Vous avez dû faire le deuil de certains groupes devenus financièrement inaccessibles?
Oui, c'est inévitable, mais ce n'est pas uniquement pour des raisons financières. Nous sommes aussi confrontés à  des problèmes d'agenda et à celui de la capacité de nos salles qui ne sont pas extensibles. Un groupe qui peut raisonnablement espérer remplir le Cirque Royal (d'une capacité de 2.000 personnes – NDLR)à l'occasion des Nuits Botanique peut avoir des raisons stratégiques et financières d'attendre les festivals d'été avant de venir se produire en Belgique. Mais d'autres voient dans une présence aux Nuits une dimension positive à leur projet artistique. Le public du Bota est mélomane, il y a une proximité entre le public et les artistes qui n'existe pas dans les grands festivals, l'accueil et le confort sont optimaux. Ce sont des atouts non négligeables.

Quel est le budget des Nuits Botanique?
Pour cette édition 2013 qui propose 55 concerts différents, il faut compter un budget d'environ un million d'euros. C'est grosso modo le même montant qui est alloué pour l'organisation des 300 concerts qui ont lieu pendant le reste de la saison. Mais l'un ne va pas sans l'autre. Le festival dépend de ce que nous proposons pendant l'année, et vice versa. On est en équilibre financier à la fin de l'année.

Le profil des festivaliers a-t-il évolué?
Oui et nous en sommes très fiers. Aujourd'hui, un spectateur sur deux est bruxellois alors qu'au début du festival, la moyenne était de plus de deux Bruxellois sur trois. Côté francophone, nous attirons un public qui habite dans un rayon de 40 km. Au-delà, c'est plus difficile. Mais notre grande satisfaction est d'accueillir chaque année plus de néerlandophones. Le spectateur néerlandophone ne prend pas facilement le chemin d'une salle qu'il ne connaît pas, mais quand il l'a trouvé, il reste fidèle. Il est aussi particulièrement avide de découvertes. A Bruxelles, le Botanique est la salle qui présente le plus grand nombre de nouveaux projets sur une année. Le public flamand l'a compris.

Programme complet sur www.botanique.be

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