Bob Dylan & The Band – The Basement Tapes Complete (6 CD + 1 livre)

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Enregistrées en 1967, les Basement Tapes sont enfin regroupées dans un coffret. Incontournable.

L'histoire figure dans tous les livres de musique. Alors au sommet de sa gloire avec ses récents albums "Highway 61 Revisited" (1965) et "Blonde On Blonde" (1966), Bob Dylan s'envoie accidentellement dans le décor le 29 juillet 1966 avec sa moto Triumph près de sa maison de Woodstock, dans l'Etat de New York. Durant sa longue convalescence, il réunit les musiciens du groupe The Hawks (rebaptisés très vite The Band) avec qui il a déjà tourné. Entre juin et octobre 1967, lors de sessions prolifiques, Bob Dylan, Robbie Robertson, Rick Danko, Richard Manuel, Garth Hudson et Levon Helm enregistrent plus d'une centaine de chansons qui définiront l'alphabet de ce qu'on regroupe aujourd'hui sous l'appellation "americana".

Dans un livre inclus avec les 138 chansons du coffret "The Basement Tapes", de magnifiques photos plantent le décor. Dans le salon et la cave ("basement") de trois maisons rurales de Woodstock, les musiciens jouent en cercle. Ils sont en chemise, portent le chapeau et la barbe d'ermites, sont jeunes et semblent heureux loin de l'attention publique. A côté des bûches et de la fenêtre donnant sur le verger, ils chantent des airs folks traditionnels, branchent l'électricité sur des reprises décapantes (Folsom Prison Blues de Johnny Cash, I'm In The Mood de John Lee Hooker, People Get Ready de Curtis Mayfield) et improvisent sur de nouvelles compositions (I Shall Be Released, This Wheel's On Fire). Ces trésors se sont retrouvés au fil des années sur des bootlegs au son pourri, dans des versions plus "propres" sur des disques (de Dylan, mais aussi de The Band ou des Byrds) avant que le label Columbia ne sorte enfin en 1975 un condensé de ces Basement Tapes. Mais ce box ultime leur rend enfin justice. A l'heure où des groupes alternatifs se paient une armée de stylistes pour ressembler au Dylan de 65 et que n'importe quel gugusse déprimé croit faire de l'americana en se laissant pousser la barbe et en désaccordant une guitare sèche, ces "Basement Tapes" font un bien fou. A écouter… en cercle et au coin du feu.

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