Boardwalk Empire, c’est parti sur Be1

Scorsese revisite à nouveau l'histoire des gangs américains. Mais, cette fois-ci, dans une série télé.

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Scorsese revisite à nouveau l’histoire des gangs américains. Mais, cette fois-ci, dans une série télé.

D’un point de vue scénaristique, la télévision est plus ambitieuse que le cinéma. Le constat ne date pas d’aujourd’hui, et il suffit de se laisser bercer par Mad Men ou Breaking Bad pour s’en convaincre. Certes, les recyclages opportuns d’anciens concepts à succès (Hawaï police d’Etat, V, Le prisonnier…) ont de quoi nourrir un certain scepticisme. Mais avec Boardwalk Empire et l’implication sans équivoque de Martin Scorsese dans un feuilleton télé, le petit écran n’a définitivement plus à rougir de sa taille.

Pour se justifier d’avoir franchi le Rubicon, en désertant (temporairement) le monde du cinéma, Martin Scorsese n’y va pas par quatre chemins. « J’ai toujours voulu avoir un espace de liberté créative où je pourrais développer des personnages et une histoire à long terme », explique le réalisateur des Affranchis. Mais à ses yeux, la télévision a mis du temps avant de lui offrir une telle opportunité. « J’en rêvais déjà dans les années 60. »

Encore fallait-il que le maître tombe sur un scénario suffisamment ambitieux pour le motiver. Mais quand Mark Wahlberg, l’un de ses acteurs dans les Infiltrés, est venu lui proposer de coproduire et d’adapter Boardwalk Empire: The Birth, High Times and Corruption of Atlantic City, livre de Nelson Johnson, le réalisateur a dit banco. Il faut dire que Scorsese a toujours eu un faible pour ces malfrats qui ont marqué l’histoire des Etats-Unis, et qui lui ont donné son visage actuel (voir son Gangs of New York).

Boardwalk Empire, dont Scorsese n’a réalisé que le premier épisode, se déroule en 1920, dans la ville d’Atlantic City. Un Las Vegas de la côte est américaine, réputé pour sa fameuse promenade de planches (le « boardwalk » en question). Alors que la consommation d’alcool vient d’être interdite aux USA, Enoch « Nucky » Thompson (Steve Buscemi), le trésorier républicain de la ville, décide de mettre en place un trafic de spiritueux afin de tirer profit de cette période de prohibition. Politicien le jour, gangster la nuit, ce manipulateur ne recule devant rien pour assouvir sa soif d’argent et de pouvoir.

Librement inspiré de la vie d’Enoch Johnson, véritable figure historique d’Atlantic City, ce feuilleton dans lequel on croisera également Al Capone étonne par sa mise en scène. Si le dépaysement est garanti, il faudra toutefois faire preuve d’un peu de patience avant que l’intrigue ne se soit totalement déployée. Mais le jeu en vaut la chandelle, d’autant qu’une suite est déjà sur les rails.
Sébastien Barké

21 février: 20h45 BE 1 Boardwalk Empire

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