Blue Valentine: les maux bleus

Les histoires d’amour finissent mal, en général. Préparez vos mouchoirs.

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Suite de séquences qui font l’aller-retour entre un passé idyllique et un présent fantomatique, Blue Valentine ausculte avec pudeur et sans parti pris l’histoire d’un amour que l’on pensait avoir trouvé pour la vie, et qui ne mettra pourtant que six petites années à se désagréger. Autrefois bleus l’un de l’autre, Cindy et Dean ont laissé le temps et la routine faire leur terrible office. Et tentent de recoller ce qui peut l’être le temps d’une nuit passée à l’hôtel. Malgré une mise en scène trop millimétrée qui étouffe parfois les personnages, ce film distille un spleen qui ne lasse jamais, sur fond d’esthétique bleutée du plus bel effet.

Depuis Les noces rebelles de Sam Mendes, on n’avait plus vu (du moins au cinéma) un couple en apparence sans histoire se déchirer ainsi. Avec une nuance de taille: Ryan Gosling et Michelle Williams ne sont pas des stars du calibre de Kate Winslet et Leonardo DiCaprio. Ce qui permet une réelle identification avec les personnages. Et pousse chaque spectateur à se demander si son propre quotidien n’est pas, lui aussi, menacé par une catastrophe naturelle amoureuse.

Blue Valentine
Réalisé par Derek Cianfrance (2010). Avec Ryan Gosling, Michelle Williams, Mike Vogel – 114’.

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