Blancanieves

Avec une force visuelle incroyable, le film s’empare du conte comme un taureau qui charge, et le revisite sans tabou.

834281

Les contes ont la cote au cinéma. Alors que Hollywood vient de pondre coup sur coup deux adaptations de Blanche-Neige (Snow White en version cucul la praline ou Blanche-Neige et le chasseur en mode heroic fantasy), le cinéma d’auteur espagnol s’en empare avec autrement plus d’audace et de style dans cette version toréros.

Puisque Blanche-Neige est ici une jeune femme de Séville qui, chassée de la maison paternelle par une belle-mère jalouse, va trouver refuge auprès d’une troupe de nains saltimbanques adeptes de la tauromachie. Il fallait oser.

Surfant sur la vague de The Artist, le troisième film de Pablo Berger est donc entièrement muet et tourné en noir et blanc. Mais au-delà de l’hommage au premier âge du cinéma, le film déborde d’une féroce envie de raconter ce conte de Grimm à l’hispanique.

Armé d’une photographie éblouissante et rehaussé d’un montage surréaliste aux accents buñuéliens, le film suit la jeune Carmen au rythme des musiques locales, dans une totale modernité de style.

On aime comme le film s’attarde sur l’enfance en noir et blanc de la jeune fille. Et on adore la manière ludique dont cette adaptation revisite les immanquables de Blanche-Neige, inventant un ʺnain charmantʺ, une belle-mère adepte du SM qui regarde la couverture des magazines comme autrefois son miroir…

Il y a là toute la puissance du conte, et toute l’énergie d’un cinéaste inspiré qui rend véritablement hommage à son pays. Après avoir cartonné aux Goyas (l’équivalent de nos Magritte), cette Blancanieves devrait vous éblouir. Ne la manquez pas.

Blancanieves
Réalisé par Pablo Berger. Avec Maribel Verdú, Daniel Gimenez-Cacho, Macarena Garcia, Angela Molina – 104’.

Plus d'actualité