Black Eyed Peas & Love

La formation américaine a donné ce mercredi le premier de ses trois concerts complets au Stade de France. Nous y étions. Verdict: un cyber juke-box festif mais parfois décousu.

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Personne n'a fait mieux. En trois soirées, The Black Eyed Peas aura joué pour 230.000 spectateurs payants au Stade de France. Si Stromae est leur invité pour les concerts de samedi et dimanche, c'est "le plus grand dj français du monde" David Guetta qui a ouvert les festivités ce mercredi et les a également clôturées en compagnie des Black Eyed Peas pour une version euphorique du méga-tube I Gotta Feeling".  "Même les Martiens ont dansé là-dessus", s'est exclamé ce petit filou de David sous une pluie de confettis. Il exagère à peine.

Avec sa chorégraphie géante reprise dans les tribunes par un public de 5 à 55 ans, des dizaines de milliers de GSM qui battent le cadence, des danseurs futuristes habillés en abat-jour façon Mondino et son refrain bancal mais imparable, I Gotta Feeling constitue le point d'orgue d'une prestation de deux heures festive mais parfois un peu trop décousue. C'est qu'en concert, will.I.Am, Fergie, Taboo et Apl.de.ap ont l'ambition de montrer  toutes les facettes de leur univers et multiplient des séquences au point de  casser le rythme et de déséquilibrer la set-list. La machine à tubes tirés des deux derniers albums ("The E.N.D" et "The Beginning")  tourne à plein régime au début du set et dans un final grandiose, mais il y aussi des intermèdes poussifs. Notamment quand Fergie vient chanter en solo deux ballades pop sirupeuses extraites de son album solo ou lorsque nos trois lascars enchaînent démonstration de breakdance et de flow en freestyle. Plus réussie, la récréation offerte par DJ will.I.Am va achever de convaincre les plus récalcitrants en milieu de concert. Déguisé en robot, il s'empare seul de l'avant-scène avec une table de mixage hi-tech pour un feu d'artifice sonore d'une dizaine de minutes où le Song 2 de Blur croise un riff de Guns 'N Roses, le refrain de Sweet Dreams ou encore la décharge d'adrénaline de Smells Like Teen Spirit.

Entouré de danseurs et d'un groupe live de musiciens (basse, batterie, guitare, claviers, dj), multipliant les poses et les changements de fringues (mention spéciale pour les costumes à affichage LED de will.I.Am, la robe de baby doll de Fergie, les casques de robot à faire palir de jalousie Daft Punk), The Black Eyed Peas offre un show à l'américaine parfaitement bluffant. Il y a de grosses ficelles, certes, mais aussi de très belles choses qu'on n'avait pas encore vues ou entendues lors de leur dernière tournée. On pense à ce bel hommage à Bob Marley (One Love), le clin d'oeil de Fergie à U2 (With or Without You) et à cette splendide version de Where Is The Love avec will.I.Am, Taboo et Apl.de.ap juchés, telles des statues de la Grèce antique, sur trois colonnes blanches à plusieurs mètres de haut. Nous ne regrettons pas le déplacement et nous avons très vite oublié les bouchons pour arriver à Saint Denis.

The Black Eyed Peas les 25 et 26 juin au stade de France (complet). Le 3 juillet à Werchter.

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