Birdman: le retour en grâce de Michael Keaton

On l'avait oublié. L'ex-mister chauve-souris crée pourtant la sensation dans Birdman d'Iñárritu. Après le golden globe, l'oscar? Chronique d'un retour aux affaires.

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Au tournant des années nonante, Michael Keaton tenait le haut de l'affiche. Acteur fétiche de Tim Burton avant d'être remplacé à ce poste par Johnny Depp, il fut un jouissif Beetlejuice. Avant d'incarner Batman dans les deux premiers volets de la saga entre 89 et 92. Et puis, plus rien. Ou presque. Il y a bien eu Beaucoup de bruit pour rien de Kenneth Branagh, Hors d'atteinte de Steven Soderbergh ou Jackie Brown de Quentin Tarantino. Mais aucun n'est parvenu à enrayer la lente descente, Michael Keaton quittant la liste A de Hollywood pour devenir un acteur de seconde zone. Les films se sont alors faits rares. Et hormis quelques voix chez Pixar (Ken dans Toy Story 3 ou Chick Hicks dans Cars), il n'a plus jamais renoué avec le succès.

Une dégringolade qu'ont vécue d'autres grands acteurs américains de l'époque. Et si Kevin Costner, Richard Gere et Eddie Murphy restent encore introuvables à ce jour, d'autres ont opéré de miraculeux come-back: John Travolta dans Pulp Fiction de Tarantino ou Mickey Rourke dans le Wrestler de Darren Aronofsky. Aujourd'hui, c'est au tour de Michael Keaton de revenir au premier plan dans Birdman d'Alejandro Iñárritu (Babel…). A la clé, le golden globe du meilleur acteur dans une comédie. Et une nomination pour les prochains Oscars qui se dérouleront à Los Angeles le 22 février prochain. Un miracle quand on sait qu'en cinquante films, l'acteur de soixante-trois ans n'avait jamais reçu la moindre nomination. Pour aucune récompense.

Long portrait de l'acteur dans le Moustique du 28 janvier 2015

Coup de cœur pour Birdman

À l’époque où il incarnait un célèbre super-héros, Riggan Thomson était mondialement connu. Mais il ne reste aujourd’hui plus grand-chose de cette célébrité. Et l’infortuné tente de monter une pièce de théâtre à Broadway dans l’espoir de renouer avec sa gloire perdue. Durant les quelques jours qui précèdent la première de son spectacle, il va devoir tout affronter: sa famille et ses proches, son passé, ses rêves et son ego…

Après le film choral (Babel) et le drame dans toute sa splendeur (Biutiful), Inarritu dévoile ici une autre facette de son talent: l’ironie. Entre exubérance, éclats de rire et crises d’angoisse, Birdman dézingue le fantasme hollywoodien au moyen d’une mise en scène osée, à la fois sur le fond et la forme. Le cinéaste mexicain mélange des images tirées des rêves de ses personnages avec celles de la réalité. Il alterne également entre les paroles des acteurs et une voix off, totalement désincarnée et robotisée, le tout sans que les coupes entre les plans ne soient visibles. Ce qui donne l’impression que ce film a été tourné en une fois, et lui confère encore un peu plus de force! Birdman s'affiche en bonne position pour rafler la mise aux prochains Oscars. En attendant, il est notre coup de cœur de la semaine. – F.V.

Réalisé par Alejandro Gonzalez Iñárritu. Avec Michael Keaton, Zach Galifianakis, Edward Norton – 119’.

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