Bertrand Cantat – Troublants « Horizons »

L'actualité de Bertrand Cantat est aussi artistique avec la parution du premier album de Détroit, son nouveau projet lancé avec Pascal Humbert, passionnant musicien français ermite installé aux Etats-Unis où il collaboré notamment avec 16 Horsepower et Wovenhand.

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Composé de treize morceaux (avec 1 titre caché), dont deux chansons en anglais, deux interludes instrumentaux et une reprise méconnaissable d'Avec le temps de Léo Ferré, "Horizons" n'est pas un disque facile d'accès. Sobre, sombre, claustrophobe, interpellant dans les images qu'il évoque et même parfois malsain en raison d'une écoute forcément perturbée par ce qu'on sait (ou pense savoir) du drame de Vilnius, il vaut pourtant le détour.

Les nostalgiques de Noir Désir ne trouveront leur bonheur que dans Le creux de la main qui rappelle l'énergie et la désinvolture rock du brûlot "Tostaki". Malgré de beaux arrangements, les deux titres en anglais perdent tout effet à cause de l'accent pitoyable du chanteur. Mais il y a aussi la poésie de Cantat, la basse profonde de Pascal Humbert, des réminiscences des premiers vinyles des Doors et ces atmosphères country/rock crépusculaires. Collées l'une à l'autre en plein cœur du disque, Ange de désolation et Horizon sont les deux chansons les plus intenses. La première évoque un ange envolé et règle implicitement ses comptes avec les médias. "Dans leur panier à ordures, il y aura cinq cent dix versions pour engraisser les porcs." Dans "Horizons", l'interprète revient sur son expérience de l'univers carcéral où "passe par la tuyauterie un dialogue de misère pour dire qu'on est en vie et qu'on sait que ça n'a plus d'importance".

  

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