Beady Eye: « Un groupe de rock, ce n’est pas fait pour réfléchir »

Rencontré à Londres, Liam Gallagher cultive la légende Liam. Il évoque sans langue de bois son frangin, ses gosses, Vincent Kompany et son "putain de nouvel album".

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Le premier album de Beady Eye s’est vendu à 700.000 exemplaires. Quelles sont vos attentes par rapport à "BE"?
Liam Gallagher – 700.000, c’est déjà pas mal, même si tout le monde nous dit que mon frère a vendu un million d’exemplaires de son album solo. Nos attentes sont toujours les mêmes. On veut devenir numéro 1 avec ce disque, faire des putains de bons concerts et avoir du fun.

Andy Bell – C’est con à dire, mais on reste des gosses. Dans notre conception du rock, il y a toujours un esprit de compétition. Nous avons envie d’être les meilleurs et d’atteindre le sommet. Et je pense sérieusement que nous le méritons. "BE" est sans doute l’album dont je suis le plus fier. Pour des tas de raisons sur lesquelles nous ne reviendrons pas, les derniers albums d’Oasis n’avaient pas que des qualités. Le premier disque qu’on a fait avec Beady Eye exprimait sans doute de manière trop frontale nos frustrations. On l’a enregistré dans l’urgence, avec la rage et l’envie d’en découdre rapidement sur scène. Et ce côté "prends ça dans la gueule" en a peut-être repoussé certains. Avec "BE", nous montrons que nous sommes prêts pour autre chose. Mais comme dit Liam, l’ambition est la même. On veut être numéro 1.

[…]

Liam, dans la plupart de vos interviews, vous ne cessez de vous définir par rapport à votre frère Noel. Il vous obsède à ce point?
L.G. – Je vais vous dire un truc: je ne suis obsédé par personne, même pas par moi-même. Le problème, c’est que les journalistes me posent toujours des questions sur mon frère et que lui n’arrête pas de dire des choses sur moi. Je dois donner ma propre version des faits. Je lui en voudrai toujours d’avoir foutu Oasis en l’air. C’est lui le responsable, c’est lui qui est parti et nous, nous sommes restés.

Dans Don’t Brother Me,vous citez le Give Peace A Chance de Lennon et vous ajoutez "Sers-moi la main, sois un homme". À qui s’adresse cette chanson?
L.G. – Elle s’adresse à tout le monde, mais oui, elle pourrait s’adresser en particulier à un grand frère. Le mien, par exemple. Les paroles de mes chansons me viennent très vite, je ne réfléchis pas quand j’écris, ce sont des mots. Vous pouvez les comprendre comme vous le voulez, mais ça ne me dérange pas si vous vous dites que je l’ai écrite en songeant à mon frangin.

Pensez-vous que la démocratie doit être la règle pour un groupe de rock?
L.G. – Avec Beady Eye, chacun vient avec ses chansons, on garde les meilleures, on signe tout ensemble et on partage les royalties en parts égales. Si c’est ça la démocratie, alors oui, Beady Eye est un groupe démocratique. Moi, je m’en fous un peu. Pour moi, un groupe de rock perd de sa force quand il commence à trop réfléchir. Avec Oasis, mon frère voulait décider de tout et, malgré tout, ça a fonctionné pendant de longues années.

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Après plus de vingt années d’excès, votre voix n’a rien perdu de sa puissance. Comment faites-vous?
L.G. – Je devrais répondre que je fais très attention, que j’ai arrêté de boire, de fumer et que je ferme ma grande gueule quand ce n’est pas nécessaire, mais c’est faux.

Vos fils ont respectivement 11 et 13 ans. Savent-ils qu’à leur âge, vous étiez le sale gamin de la classe et que vous voliez des bicyclettes dans la rue?
L.G. – Ils connaissent l’histoire, mais ça ne sert à rien d’en rajouter une couche en donnant tous les détails. Mes enfants savent aussi que jamais, je ne leur laisserais faire pareilles conneries. Ils n’ont pas intérêt d’ailleurs…

Vous êtes supporter de Manchester City. Qu’est-ce qui leur a manqué cette saison?
L.G. – La chance, mec. Il leur a manqué de la chance. City a fait une bonne saison, mais rate de peu le coche en Premier League et en Cup. Et en foot comme en rock, être deuxième, ce n’est jamais bon. Mais Vincent Kompany reste pour moi le meilleur joueur belge évoluant dans le championnat anglais. Euh, en fait, je n’en connais pas beaucoup d’autres. (Andy Bell lui souffle les noms de Hazard et de Fellaini.) Ils sont Belges aussi. Putain, vous avez une belle équipe…

Interview complète dans le Moustique du 5 juin.

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