Beady Eye: La vie après Oasis

Contre toute attente, c'est le plus teigneux et branleur des frangins Gallagher qui dégaine le premier après la séparation d'Oasis.

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Contre toute attente, c’est le plus teigneux et branleur des frangins Gallagher qui dégaine le premier après la séparation d’Oasis.

Autre surprise: Liam balance un album en forme d’uppercut. Soit un grand fuckrock and roll écrit et enregistré dans l’urgence, comme son ancien groupe était capable de le faire dans les années 90. « On ne voulait pas de ballades pour emballer les gonzesses, pas de musiciens ethniques pour faire joli dans le décor et encore moins de producteur tendance », explique Liam.

De fait, « Different Gear, Still Speeding » (en langage Liam: « rapport de boîte différent, toujours sur l’accélérateur ») est à la fois un vibrant hommage au rock des pionniers et un disque qui fait du bien aux oreilles de la génération autotune. Les musiciens de Beady Eye, soit tout Oasis à l’exception de frère Noël, retrouvent ici une nouvelle jeunesse.

Ils jouent soudés, n’ont pas peur de citer leurs sources et de déraper, la spontanéité prenant toujours le pas sur la précision technique. Derrière, le vétéran Steve Lillywhite (U2, Peter Gabriel, The La’s) se contente de veiller au grain et maintient toujours les curseurs à la limite du rouge. D’ailleurs, Liam ne lui a rien demandé d’autre.

 Nous parlions d’index levé et c’est fort logiquement avec le survitaminé Four Letter Word (F.U.C.K.) que l’album s’ouvre. Nous évoquions les icônes rock et il y a effectivement une chanson qui s’intitule Beatles And Stones.

Liam fait son Lennon, période Instant Karma, sur le single The Roller et s’inspire de « Mind Games » sur une bonne moitié du disque. Le piano et les riffs fifties de Bring The Light sont plagiés, et pas qu’un peu, sur le Great Balls Of Fire de Jerry Lee Lewis. D’autres morceaux évoquent, en vrac, les Kinks, les Hollies, voire The Move.

Enfin, les textes sont plus inspirés par la page 3 ou le supplément week-end du Sun que par l’anthologie d’Oscar Wilde. Bref, ce n’est pas le genre d’album pour les obsédés de la nouveauté ou les férus de songwriting. « On a voulu faire un album de rock and roll et pas une thérapie à la con« , rappelle encore Liam. Vu comme ça, c’est mission accomplie, Liam. Et ça fait du bien. – L.L.

 

 

Beady Eye – « Different Gear, Still Speeding »
PiaS
Notre avis: 3 étoiles

(22/3, AB, complet. Le 30/06 à Werchter)

The Roller

 

Four Letter Word

Bring The Light

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