Barbara Louys virée de la RTBF dès ce vendredi?

L'animatrice de C'est du belge tire sa révérence. Après quinze années passées au sein de la RTBF, Barbara Louys serait priée de plier bagages.

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Rencontrée il y a quelques semaines, la jolie blonde parlait futur, crise de la quarantaine, animation et ligne de bijoux. Sans imaginer une seconde qu'elle pourrait rayer la RTBF de sa liste d'activités.

Et pourtant, après avoir dit au revoir à la présentation en duo de C'est du Belge le coeur lourd -un concept qu'elle avait imaginé- l'animatrice pourrait quitter complètement la télévision de service public. En effet, sa direction la convoque ce vendredi pour discuter de son avenir au sein de La Une et de La Deux, qui pourrait soit se résumer à un licenciement pur et simple ou à un congé sabbatique d'un an.

En cause? Il lui est apparemment reproché de trop axer son temps sur la promo de sa toute nouvelle ligne de bijoux dans les médias. Un coup de projecteur qui ne plairait pas à tout le monde, alors qu'elle avait pourtant reçu un accord de la RTBF pour cumuler ses deux activités, télé et mode, comme elle nous l'expliquait. "Ce projet se fait en parallèle de ma carrière télé, c'était une belle opportunité à saisir, ma direction n'y a pas vu d'inconvénients. Maintenant, la seule difficulté, c'est que je ne dors quasi plus pour assurer sur tous les fronts."

A l'aube de sa réunion, Barbara Louys se dit "stupéfaite". Et ça se comprend. Même si le règlement interne de la RTBF stipule clairement qu'en cas d'autorisation de cumul de leur hiérarchie, les employés du service public doivent effectuer leur collaboration extérieure avec "tact et discrétion et ne pas nuire à l'image ou aux intérêts de l'entreprise ou de son personnel." Sans quoi, l'administrateur général peut décider de suspendre l'autorisation à tout moment sans préavis. Quitte à virer l'une de ses animatrices phares?

Quelques jours avant cette annonce, et la fin de sa présence à C'est du Belge, Moustique avait rencontré Barbara Louys.

Pour fêter les dix ans de C'est du Belge, vous… quittez l'émission. Pourquoi? Ça vous a foutu un coup de vieux?
Barbara Louys – J'ai célébré mes quarante ans cette année, et, même si je n'ai pas spécialement peur du temps qui passe, c'est un cap important. C'est le moment de faire un premier bilan de sa vie, de savoir ce qu'on a déjà fait et ce que l'on aimerait réaliser. Je me suis rendu compte qu'il y a plein de choses que j'avais encore envie d'accomplir, comme ouvrir un magasin. Ça concorde assez bien avec la phase de transition que vit C'est du Belge. Après dix ans, la direction avait envie de changement. Ils estimaient que le duo avait assez duré et donc ils ont décidé de laisser la présentation à Gerald, seul, depuis son appartement. J'ai donc dû réfléchir à la façon dont j'interviendrais encore dans l'émission, à ce que je pouvais encore y apporter. J'assumerai quelques reportages de manière épisodique et des directs. J'aurai aussi surement un rôle dans l'organisation de ces évènements, grâce à mon bagage dans l'évènementiel.
 
Ça n'a pas été trop compliqué de proposer une émission sur la Royauté et de convaincre la direction de la RTBF?
B.L. – (rire) Ça a vraiment été un travail de bon samaritain. Mais je sais me montrer convaincante. Ils ont vite compris que c'était une belle façon de parler du patrimoine belge entre luxe et couronne, parce qu'en télé aujourd'hui, la recette magique c'est d'arriver à divertir et à informer en même temps. Longtemps la RTBF a essayé d'apprendre par dessus tout et négligeait l'aspect divertissement. Ce qui est important, c'est le mélange des deux.
 
Comment vous sentez-vous à l'idée de lâcher ce bébé que vous avez conçu?
B.L. – C'est du Belge fait partie de moi. C'est difficile. D'autant que ce n'est pas spécialement mon choix à 100% non plus. Mais je suis philosophe, d'autres opportunités se présentent à tous les niveaux…
 
Ce monde de paillettes parfois un peu superficiel, ça vous convenait toujours autant? Vous vous y sentiez à votre place?
B.L. – En fait, quand je suis arrivée à Bruxelles pour faire mes études à l'Ichec, fraîchement débarquée de mon Liège natal, je ne connaissais personne. J'ai gardé de cette époque la nécessité de contacts, l'envie d'être reconnue. C'est un milieu que j'ai énormément côtoyé dans la première partie de ma carrière, l'évènementiel, puis ensuite lors de mes chroniques à la RTBF, ce qui a fait croître mon carnet d'adresses de manière exponentielle, j'étais dans la presse tous les vendredis parce que je travaillais et que je sortais beaucoup. Ce n'est pas quelque chose que j'appréciais à fond mais j'y trouvais mon compte. Il y a quelque chose d'agréable à rencontrer des gens sans cesse. Il ne faut pas croire que je passe ma vie une coupe de champagne à la main, j'adore aussi rester chez moi, je suis assez casanière en fait. Si je peux passer ma soirée à regarder des séries dans mon lit, je suis la plus heureuse des femmes.
 
On peut donc dire qu'il y a deux Barbara Louys?
B.L. – Complètement. Il y a la Barbara Jekyll et Louys Hyde. Celle qui adore sortir et faire des reportages et madame maison. Les gens s'attendent toujours à vous voir bien habillée, bien maquillée, décente. Il y a une forme d'attente du public et il faut pouvoir correspondre aux deux facettes.
 
Ce n'est pas usant d'essayer d'être toujours parfaite?
B.L. – Non, c'est un rôle que j'aime et ça fait partie de ma personnalité aussi. Je ne me permettrais jamais d'aller à une expo en vieux jogging sans m'être maquillée. Il y a une forme de standard qu'on attend de quelqu'un qui fait de la télé. Si je me fais dépasser au supermarché, je ne dis rien, sinon les gens se disent directement: "Mais elle se prend pour qui cette animatrice?" On a eu une obligation d'être sympathique. Mais je ne regarde jamais les réseaux sociaux pour voir ce qui se dit de moi.
 
Vous allez faire quoi exactement à la RTBF désormais?
B.L. – Ce qui est décidé, c'est que j'interviendrais dans les grands directs et de temps en temps dans les émissions hebdomadaires de C'est du Belge pour des petits reportages. Pour la forme, on garde encore un peu de suspense.
 
Avez-vous des regrets en tant qu'animatrice?
B.L. – J'ai eu la chance de faire beaucoup de choses que d'autres adoreraient faire, comme les directs, le fait d'être dans des émissions magnifiques, positives et qui drainent de l'audience. Les gens ne viennent jamais me voir pour me dire qu'ils détestent ce que je fais, c'est épanouissant en terme de métier. Mais si j'avais pu animer une émission comme C à Vous, j'aurais adoré. Ça mélange tout ce que j'aime, la confraternité, le contact d'une table où l'on mange et l'on s'exprime. C'est un exercice sans filet et j'adore ça. Et puis les directs, c'est génial, quand ça foire je m'éclate parce que c'est excitant de devoir rattraper les meubles.
 
Et si l'on vous proposait un poste à RTL-TVI, vous accepteriez?
B.L. – Si c'est pour un projet qui me tenait à coeur, pourquoi pas… J'avais fait des essais pour TF1 et ils m'avaient proposé un contrat, mais j'ai choisi la RTBF. Ai-je bien fait, ou pas, on ne peut pas le savoir. Je ne me sentais pas les épaules d'assumer la vie médiatique française et tout ce qu'elle implique.
 
On vous dit pourtant ambitieuse…
B.L. – Mais je le suis! Avec certaines limites et un confort de vie. Ma soeur et moi, on a un peu ce côté gentilles belges, on aurait pu se faire écraser. Je suis peureuse en fait, pour certaines choses.

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