Balada triste de la trompeta: L’amour à mort

Voilà donc le genre de film que l’on déteste pour sa violence exacerbée, son humour potache, son mélange des genres (guerre, horreur, sentimental, historique) et son esthétique à la fois glaciale et hyper-travaillée.

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Ou que l’on adore exactement pour ces mêmes raisons. Car ce triangle amoureux baigné dans l’acide entre deux clowns et une acrobate, le tout sur fond de guerre civile espagnole, accouche d’un ovni cinématographique qui ne laisse aucun spectateur indemne.

Fantaisiste, complètement barré – style le mec qui a toujours l’air de se demander à quelle heure passe la prochaine soucoupe -, Alex de la Iglesia pousse encore plus loin le trip excentrique, initié entre autres à travers Le jour de la bête ou Le crime farpait. En effet, ce joyeux foutoir trash et surréaliste rend autant hommage à l’audace de Luis Buñuel qu’au burlesque de Buster Keaton et à l’amour de la série Z façon Robert Rodriguez.

Entre une première partie sur fond d’histoire d’amour trop polie pour être honnête, dans le chef d’Iglesia en tout cas, et une seconde moitié bien virulente, elle, avec un héros qui se maquille à coups de fer à repasser, cette Balada n’a rien d’une promenade tranquille. Mais possède toutes les caractéristiques jouissives de l’équipée sauvage. 

Balada triste de la trompeta
Réalisé par Alex de la Iglesia (2010). Avec Carlos Areces, Carolina Bang, Antonio de la Torre – 107’.

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