Bad Teacher: Carpe diem mon cul!

Jake Kasdan prouve que la comédie décomplexée initiée par les frères Farrelly a encore de beaux jours devant elle. Et que les Etats-Unis sont une Terra Comica.

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Qui a dit que le pays de l’oncle Obama était une terre défraîchie, coincée des fesses et horriblement propre sur elle? C’est que les clichés ont la peau dure. Dans notre époque, où la courbe de l’effet de serre est inversement proportionnelle à l’état de santé du panier de la ménagère, où la moitié du monde fait la gueule aux gens d’en face. Où le cinéma hexagonal se chatouille le nombril au lieu de faire rire les Français. Où la seule tentative d’échappatoire un tantinet souriante aux sarcasmes cyniques de Naulleau et Zemmour est le feuilleton télé quotidien de la libido exacerbée d’un ministre libidineux. À cette époque, je vous le dis, le rire cinématographique vient indéniablement d’outre-Atlantique.

Pour faire court: oui, les Américains ont trouvé le truc pour nous faire bidonner. Les nouveaux maîtres comiques ont pour noms Farrelly, Apatow, Duplass. Leur truc, faut pas chercher loin, c’est l’audace. Et ce sont les frères Farrelly, avec leur Mary à tout prix qui ont entamé la renaissance de la comédie américaine. Réalisant, en posant la loupe sur leurs étranges contemporains, des comédies vachardes à la vulgarité assumée, irrévérencieuses, régressives, mais drôles. Incroyablement drôles et décomplexées.

Bad Teacher s’inscrit dans la ligne – tordue – des comédies précitées. Elizabeth n’est pas franchement un exemple à suivre. Elle fume comme un pompier, fait des créneaux de fou avec son bolide, boit comme un trou sans fond, enfile ses jambes sans fin dans des jeans moulants et est gaulée comme Cameron Diaz. D’ailleurs, ça tombe bien, c’est elle! Détail qui tue: elle est prof. Mais pas pour les nobles raisons du formidable John Keating du Cercle des poètes disparus. Autant dire que l’élévation de l’âme, elle la voit surtout dans les volutes de fumée d’un bon joint. Et dans le fait de séduire au plus vite une poule aux œufs d’or.

Avec ses allures de Prête à tout de Gus Van Sant, cette comédie de Jake Kasdan, jouée par des comédiens qui n’ont pas peur d’écorner leur image, s’amuse à tordre le cou aux clichés éculés des teen movies en envoyant un bon coup de botte dans le séant du politically correct. Ode jouissive (et poil à gratter) à l’arrivisme crasse, au mensonge éhonté et à la beauté scandaleuse de Diaz, cette Bad Teacher nous ferait passer l’envie de faire l’école buissonnière! On a aimé. Et on n'a même pas honte!

Bad Teacher
Réalisé par Jake Kasdan (2010). Avec Cameron Diaz, Timberlake, Jason Segel – 92'.

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