Ayo – (Re)Naissance

"Je ne dis pas qu'il s'agit de mon meilleur album. Mais c'est celui qui m'a permis de m'affirmer comme femme, comme mère et comme artiste." Mariée à la star reggae Patrice avec qui elle a déjà un fils, Ayo a intitulé son troisième disque "Billie-Eve", du prénom de la magnifique petite métisse qu'elle a mise au monde voici sept mois. "J'étais enceinte au moment où j'ai commencé à travailler sur les chansons. Même si c'est la seconde fois que je porte un enfant, cette nouvelle maternité a bouleversé ma manière de voir les choses. Je me suis sentie plus responsable. J'ai souhaité réaliser le disque moi-même, élargir la palette sonore et aborder les choses de manière plus directe."

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Née d'une mère gitane héroïnomane et d'un père nigérian, Ayo fait oublier l'étiquette soul/folk acoustique qui collait aux chansons de ses deux premiers albums ("Joyfull" en 2008 et "Gravity At Last" en 2009). En enchaînant une intro piano/voix lancinante à un refrain gospel/funk, How Many People?, la plage d'ouverture de sept minutes, donne un peu l'ADN de ce nouvel album. "C'est mon Stairway To Heaven à moi", rigole-t-elle en faisant référence au classique de Led Zeppelin. Real Love est un reggae nonchalant comme en fait son époux.

Le single I'm gonna dance et Julia sont traversés de guitares rock et de de pédales wah-wah. Décidément de toutes les fêtes, Matthieu Chedid fait son Jimi Hendrix sur It Hurts et on a même droit à une reprise du classique Motown I Want Your Back. Et si Ayo pouponne, elle ne fait pas pour autant un disque fleur bleue. "Alors que je refuse de regarder les news à la télé de peur d'être déprimée, j'ai écrit le texte de Who Are They? après avoir pleuré devant un reportage montrant des réfugiés marocains échoués sur une plage en Italie." Black Spoon ("la cuillère noire") décrit, quant à lui, de manière très brute le cérémonial des junkies avant leur shoot. "Je sais de quoi je parle. Quand j'étais gosse, chaque fois que je dressais la table, je regardais le dos des cuillères à café pour voir si ma mère ne les avait pas utilisées pour se droguer." (29/3 à l'AB)
Luc Lorfèvre

 

AYO – Billie-Eve
Universal.

 

I Want You Back

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