Aymeric Caron:  » Et à la limite, je m’en fous

Chroniqueur vedette chez Ruquier, végétarien affiché, il publie No steak, enquête sur le marché de la viande.

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Vous êtes végétarien depuis vingt ans. C'est chiant à inviter un végétarien. On ne sait jamais quoi lui préparer…
C'est chiant à plus d'un titre. D'abord, on se demande: qu'est-ce qu'on va lui faire à manger? Même si c'est quand même moins chiant qu'il y a vingt ans, il suffit d'aller dans les supermarchés où on trouve des rayons végétariens et du tofu. Et puis, quand vous avez un végétarien à table, les autres convives essaient toujours de le convaincre qu'il a tort.

Parce que le végétarien nous culpabilise!
Exactement, même si ce n'est pas le but. Le végétarien oblige les autres à remettre en cause leurs habitudes alimentaires et pour eux, c'est fatiguant.

A table, mieux vaut ne pas vous avoir à côté de soi. Vous racontez des horreurs sur les abattoirs…  
Non. Encore que je l'ai fait deux ou trois fois pour m'amuser, quand j'ai été fatigué d'être tout le temps l'objet de moqueries. Alors, parfois il m'est arrivé de réagir et de dire comment avait été élevé le canard qui était à table. Et là, les gens interviennent: "Non, arrête, c'est dégueulasse, je vais pas pouvoir en manger".

Résultat des courses, vous n'êtes plus invité nulle part!
Non, c'est pas vrai. Surtout en ce moment, je suis invité partout. (Rire).

Vous êtes invité partout parce que vous êtes devenu célèbre grâce à vos interventions dans On n'est pas couché, l'émission de Ruquier! C'est plus facile de vendre des livres maintenant…
C'est vrai et c'est pas vrai. Le fait que je sois connu dans l'émission de Laurent, ça aide à faire parler de mon livre. Mais je n'ai pas choisi un thème évident. J'aurai été opportuniste, j'aurai choisi un thème plus consensuel comme… je ne sais pas, moi… les coulisses de la télé. Mais j'ai fini le livre avant que Laurent me propose d'être dans On n'est pas couché. En tout cas, ce qui est plus facile, c'est d'être entendu. Et ça, j'en suis ravi. 

Avez-vous eu l'idée d'écrire ce livre avant ou après la publication de celui de l'Américain Jonathan Safran Foer, Faut-il manger les animaux?
Avant.

Oui, mais comme il est paru après, on va dire que vous avez copié!
Ceux qui diront ça seront ceux qui n'auront pas lu mon livre, et à la limite, je m'en fous. On n'a pas écrit le même livre. Jonathan Safran Foer a écrit un livre sur les élevages industriels, le mien parle beaucoup de la France, il contient des considérations éthiques qui ne sont pas abordées chez Safran Foer. Et puis, qu'il y ait plusieurs livres sur le sujet, ça veut dire que quelque chose est en train de changer.

Avez-vous des animaux?
Non. Avoir des animaux domestiques, c'est une vraie responsabilité. L'animal n'est pas un objet. Il se trouve que je n'ai pas le temps de m'occuper au quotidien d'un chien ou d'un chat. Si un jour ma vie le permet, je serai ravi de m'entourer d'animaux.

No steak, Fayard, 358 p.

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