Aurora

À part peut-être ses longues séquences silencieuses, cet Aurora roumain ne nourrit aucun lien avec L’aurore, chef-d’œuvre ultime de Murnau.

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Quand il est venu présenter son bébé à Cannes l’an dernier, le réalisateur Cristi Puiu s’est excusé en préambule à la projection: "C’est un très long film, je suis désolé". De fait, passer trois heures en compagnie de personnages opaques et énigmatiques exige une certaine résistance de la part du spectateur. Ce dernier est donc invité à suivre les déambulations d’une sorte d’Etranger de Camus qui se laisse porter par les événements et le vide de son existence jusqu’aux pires extrémités.

Après son traitement génial et tragicomique de la mort (La mort de Dante Lazarescu), Puiu cherche cette fois à remonter aux sources de l’acte criminel, à examiner comment des gens visiblement ordinaires, qui n’ont jamais tué, finissent par passer à l’acte. Si le point de départ s’avère intrigant et que quelques saillies d’humour bien noir et corrosif parsèment le film, Aurora souffre cependant d’inertie. Il faudra en effet près d’une bonne demi-heure aux plus perspicaces pour enfin voir où veut nous emmener Puiu, ce qui laisse amplement le temps aux moins aguerris de décrocher. Esthétiquement, on n’est pas aidé non plus, puisque le tout baigne dans une lumière verte façon Slime (la pâte gluante qui fit fureur dans les années 80). Bref, Aurora est un film difficile qui s'adresse avant tout aux initiés.

Aurora

Réalisé par Cristi Puiu (2009). Avec Cristi Puiu, Valentin Popescu, Clara Voda – 179’.

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