Au nom du Père, du Pire, du sexe et de la franche rigolade

Ils ne respectent rien. Ou presque. Ils clament tout haut ce que l'on ose à peine plaisanter tout bas. Aucune religion, aucune communauté, aucun politique, aucun imposteur n'échappe au regard de Geluck, Kroll, Kanar et de la revue Sois belge et tais-toi. Avec eux, c'est la fête aux cons toute la saison.

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On en a marre du Chat? Pas de problème, il élève le Chat au plu haut des cieux et en fait Dieu. Son double album La Bible selon le Chat est un tube et remet les pendules à l'heure dans une société qui, entre autres, aime beaucoup marcher contre le mariage homo et dans une Eglise qui, par exemple, excuse facilement la main leste de ses curés pédophiles. Mais pour s'enfoncer un peu plus, Philippe Geluck publie aussi Peut-on rire de tout?, tourniquet des horreurs lancées à la tête de tous – dans le désordre: juifs, gays, gros, malades, musulmans, handicapés physiques, Belges, Arabes, femmes, pauvres, drogués, Noirs et plus encore. Un exemple? "Le malade est en chimiothérapie: – Bon, je suis d'accord que ces séances doivent couper tes journées, mais d'un autre côté, vois ce que tu regagnes comme temps en séance d'épilation". Faire rire est un métier à risques, le premier étant de ne pas faire rire du tout. Mais Geluck continue à faire le boulot, avec une conscience professionnelle qui reste exemplaire.  

Quel est le top 3 des choses dont il est sain de rire?

Philippe Geluck – En numéro un – car cela vous permet de rire du numéro deux et du numéro trois – il est sain de rire de soi. En deux, les religions. Et en trois, la mort. 

Etes-vous gêné par le politiquement correct de l'époque ou, au contraire, vous stimule-t-il?

P.G. – Je me sens totalement libre, malgré cette police du politiquement correct. Une police qui ne vient même plus d'en haut. Ce n'est même plus – comme dans certains pays – un comité de censure officiel ou un ministère qui vous dicte ce qu'on peut et ce qu'on ne peut pas dire. C'est un reproche plus diffus qui est très présent sur Internet, par exemple, où il suffit d'un seul écart pour se ramasser une volée de bois vert. Et ça peut être très violent. Mais moi, je me sens très libre parce que très à l'aise avec tous les sujets que j'aborde.

C'est pour cette raison que votre livre Peut-on rire de tout? a visiblement été bien compris…

P.G. – Oui, parce qu'on sait que c'est du second degré et on sait que je suis insoupçonnable sur le racisme, l'antisémitisme ou sur l'homophobie. Depuis le temps, après toutes ces années, il y a une complicité qui s'est installée avec le public qui me permet d'être compris. Les gens savent que l'humour, tel que je le manie, est toujours une défense de la liberté d'expression et va toujours dans le sens des opprimés.

Retrouvez les entretiens complets avec Philippe Geluck, Pierre Kroll et Baudouin Remy dans le Moustique du 27 novembre 2013

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