Arthur, animateur – producteur – performeur pas toujours de bonne humeur…

Animateur, producteur, performeur... Difficile de zapper l'éclectique créature de TF1. En marge de son dernier spectacle en Belgique, on lui a posé les questions qui fâchent.

36824

Hôtel Barsey, Bruxelles. Arthur nous reçoit dans sa suite mais ne lève pas les yeux de son Blackberry. Avant de nous saluer un bref instant et de se replonger dans la lecture de ses e-mails et de ses SMS. L'homme aux multiples casquettes affiche un look décontracté, mais le sourire est plutôt forcé. Déformation professionnelle? À moins que ce ne soit ses rapports avec la presse. Il faut dire que l'ex-roi de la radio n'a jamais été ménagé par les médias. Et si Ce soir avec Arthur sur Comédie! essuie un peu moins de critiques que d'habitude, on ne peut pas en dire autant de ses Enfants de la télé en perte de vitesse, ni de son dernier Arthur et les incollables sur TF1. Mais voilà que l'animateur cesse de pianoter sur son G. "Alors, on y va?"

Côté spectacle, vous nous faites déjà un best of après seulement deux one man shows?
Arthur – Absolument pas! Comme ce sera ma dernière représentation en Belgique après plus de 100 dates, j’ai eu envie de remercier le public par un grand feu d'artifice, un spectacle-surprise avec des invités belges.

Et ce sera à Forest National le 21 octobre. Un lieu démesuré par rapport aux petites salles de votre tournée…
Arthur – Je préfère effectivement les espaces plus confinés. Les gens me voient déjà assez sur les écrans toute l'année. Et puis, au moins, on ne pourra pas me reprocher de chercher désespérément à être surexposé.

Qu’auriez-vous envie de dire à ceux qui n'ont pas aimé votre premier spectacle?
Arthur (s'emporte) – Elle est con cette question. Non, mais c'est vrai, elle est trop stupide votre question!

Euh, je voulais juste savoir si on devait s'attendre à quelque chose de différent.
Arthur – Un premier spectacle est un premier spectacle. Il permet de savoir ce qu'on ne veut plus faire par la suite! Il est vrai que je me suis pris quelques bides avec mes premières vannes. Aujourd’hui, je ne m’en prends plus. Mais qui ne rêverait pas de refaire l'amour à la personne avec qui il l'a fait la première fois? Juste pour lui montrer qu'on s'est vachement amélioré…

Si vous avez changé de metteur en scène, c’est parce qu’Isabelle Nanty ne voulait plus de vous?
Arthur (agacé) Non, elle était déjà sur scène avec son propre spectacle.

Après vous être fait ramasser pour votre premier one man show, le second récolte enfin de bonnes critiques…
Arthur – Je ne m'habituerai jamais à avoir une pleine page dans Le Monde, Le Figaro ou Télérama. Je les punaise dans mon bureau. La presse a été unanime, et pour la première fois dans le sens positif… Ça ne m’était jamais arrivé en 25 ans de carrière. Je suis fou de joie! Ceux qui disent que les critiques ne les touchent pas sont des menteurs.

Elles vous ont souvent touché?
Arthur – Vous savez, avant, ils ne cassaient pas du sucre sur moi, ils m'ignoraient. Et le déni, c'est ce qu'il y a de pire! Si on tapait mon nom sur le site d’un de ces titres, on n'obtenait tout simplement aucun résultat. Mais après toutes ces années, je relativise. Et quand je vois tout ce que j’ai fait en 25 ans, je me dis que ces journalistes qui ont commencé en même temps que moi, eux, ne sont toujours que journalistes…

Ce ne sont pas ces propos qui vont vous réconcilier avec eux!
Arthur – Je veux dire que je suis pareil à un joueur de foot. Parfois, je marque des buts, parfois j'en rate. Mais moi, au moins, je suis sur le terrain. Je ne reste pas dans les gradins pour gueuler la tactique à adopter.

À vos débuts, vous vous étiez autoproclamé "l'animateur le plus con de la bande FM". Et aujourd’hui, vous seriez l'animateur le plus… quoi?
Arthur – Encore ça!? Mais comment préparez-vous vos interviews? J'ai dit ça en 1991! Visiblement, c'était un très bon slogan pour me faire connaître mais je n'ai plus besoin de ça. Ma meilleure pub, aujourd’hui, ce ne sont pas mes affiches ou mes émissions de télé mais bien le bouche à oreille.

Le côté "Vu à la TV" ne serait plus indispensable pour remplir vos salles?
Arthur – Absolument pas! Cela a fonctionné pour mon premier spectacle. Mais aujourd'hui, les gens ne viennent plus voir l'animateur télé, ils viennent voir l’humoriste.

Vous en avez marre de ce tampon TF1 sur votre front?
Arthur – Je ne cracherai jamais dans la soupe. Et encore moins dans celle de la chaîne pour laquelle je bosse depuis 20 ans. En revanche, une chose est sûre: quoi que vous fassiez sur TF1, vous vous faites allumer. Cela s'appelle la prime au leader… Si on veut avoir une belle image à la télé, il faut bosser sur Canal ou sur une petite chaîne. Il suffit de jeter un œil à mon talk-show sur Comédie! Personne ne le regarde, mais tout le monde en parle. The place to be! Et je reçois plus de stars sur le plateau de Ce soir avec Arthur que lors des prime times de TF1.

Avec ce talk-show ou votre émission Arthur et les incollables, vous tentez de relever le niveau de vos autres divertissements?
Arthur (piqué) – Si vous trouvez que ce que je fais d’habitude est trop léger, vous insultez les téléspectateurs qui regardent mes émissions! Je ne fais pas plus light que les autres. Et si les gens voulaient regarder des trucs prise de tête, ils zapperaient sur Arte. Ils ne le font visiblement pas.

Bref, malgré vos casquettes de producteur de films de cinéma (trois en chantier dont Il n'est jamais trop tard de et avec Tom Hanks et Julia Roberts – NDLR), d’acteur de théâtre, d’humoriste, de patron de radio, vous n’êtes pas près d’arrêter la télé!
Arthur – Je pourrais stopper net la télé sans aucun problème. Mais les chaînes me retiennent…

Harold Nottet

Ce soir avec Arthur, chaque vendredi, Plug RTL, 22h40 et chaque lundi, Comédie!, 20h40
Les enfants de la télé, vendredi 1er, 20h45

Sur le même sujet
Plus d'actualité