Armelle: " Je n’ai plus le mythe français en tête "

Minois incontournable de la RTBF, Armelle se dévoue pour reprendre Ma Terre. Un maga "d'excellence et de savoir-faire" qui lui va plutôt bien.

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Elle fait partie de ces personnages de télé qui n'ont besoin que d'un prénom. Armelle, tout le monde connait. Et pour cause, son passage à Forts en tête aux côtés de Jaques Mercier a marqué les esprits. Depuis, sa carrière a oscillé entre la France et la Belgique avec un bref passage sur TF1 dans l'Emission des Records, pour mieux revenir à la RTBF avec Quelque chose en nous de…, le Cap 48, etc. Fous rires constants, sourire solaire, l'animatrice de 41 ans à ce "petit" plus. Et malgré quelques orages de la vie, la brune pétillante est aujourd'hui plus heureuse que jamais: épouse du Comte Frédéric d’Aspremont-Lynden et mère de deux jeunes garçons, elle vit la vie château. Ou presque. Zoom arrière.

Il parait que vous vous rêviez danseuse… Pourquoi avoir troqué le tutu contre le micro d'animatrice?
Armelle Gysen – J'ai pris cette décision quand je suis rentrée de Russie où j'étais partie travailler quelques mois dans une compagnie de ballet. J'avais 20 ans. Mes parents m'avaient toujours freinée dans cette voie-là. Ils n'approuvaient pas. D'autant que j'avais commencé ma carrière de danseuse assez tard pour le milieu. J'étais bonne en corps de ballet, en équipe, mais jamais je n'aurais eu de carrière de soliste. Au grand bonheur de mes parents, j'ai lâché la danse pour des études de journalisme à l'ULB. Avec ce métier-là je pouvais encore réintégrer les milieux culturels qui me tenaient énormément à coeur.

Un choix judicieux finalement…
Oui, parce qu'avant même d'avoir rendu mon mémoire, j'étais engagée à la RTBF. Comme quoi!

C'est facile de garder la tête froide quand tout s'enchaîne si vite?
Grâce à l'insouciance de mes 24 ans, oui. J'ai dû commencer par faire l'hôtesse face caméra pour remettre des trophées. Je m'étais fixée un but: si trois ans plus tard j'étais toujours cantonnée à des rôles de potiche, je quittais tout. Six mois après, on m'a confié Forts en tête. J'ai gardé ce mental de danseuse où prime la rigueur et le travail bien fait. Et le perfectionnisme aussi, ça fait partie de ma personnalité.

Tout s'est fait aussi simplement dans votre carrière? Il n'y a aucun choix que vous regrettez?
(Elle réfléchit) …Non. A un moment, je suis partie à TF1 parce que je ne voulais pas rester enfermée des années dans une petite cage dorée. Je voulais apprendre, j'étais une boulimique de découvertes. Il fallait que je parte!

Pourtant le retour en Belgique n'a pas été simple. La RTBF vous a un peu boudée ensuite.
Oui. C'est quelque chose que je n'avais pas mesuré. C'est vrai que ça a été difficile, mais en même temps c'était inévitable pour moi, de partir. Et beaucoup plus intéressant pour la suite parce que je n'ai plus le mythe français en tête comme d'autres animatrices continuent à l'avoir. J'ai connu, j'ai vu, je sais comment ça fonctionne. Ce n'était pas pour moi.

Qu'est-ce qui vous a vaccinée de TF1?
Je voyais la France comme un eldorado, le métier en Belgique n'a pas du tout la même reconnaissance. Les salaires, la diffusion, ça n'a rien de comparable. S'adresser à 8 millions de téléspectateurs ou à 300.000, ça change forcément la donne. J'avais besoin de plus de valorisation de mon travail. Je voulais mieux faire, aller plus loin, aller plus haut. Mais le côté contenu de ces grosses émissions m'a déplu. Je me retrouvais dans des programmes taillés pour faire de l'audience, des machines de guerre, mais je m'ennuyais ferme.

[…]

Vous reprenez les rênes du magazine Ma Terre de Corinne Boulangier. Qu'est-ce qui vous a attirée dans ce projet?
C'est une émission nécessaire au patrimoine belge. Bon, je n'ai pas sauté de joie quand on me l'a proposée et j'ai réfléchi longuement avant d'accepter. J'avais envie de développer un projet qui me ressemble, différent. Ma Terre est à l'image de Corinne, un peu académique, moi j'ai une autre approche des choses.

Pourtant le patrimoine est un sujet qui devrait vous toucher, vous qui habitez dans un château. Lassée des vieilles pierres?
Pas du tout, c'est fort agréable. Mais la vie de château, c'est un mythe. En vrai, c'est un mix entre le bonheur d'habiter une magnifique propriété (ndr: le château de Ry, près de Ciney), je suis en effet privilégiée, mais il faut aussi assumer les travaux permanents. Tous les problèmes d'une maison y sont démultipliés par 100. Et puis c'est un milieu austère pour une femme, ce n'est pas très chaleureux. C'est compliqué d'y faire son nid, même si j'estime y être parvenue.

Quel genre d'émission aimeriez-vous animer, alors?
Vous verrez à la rentrée, je viens de plancher sur un projet pendant des mois. Mais je ne peux pas en dire plus! (rire)

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