Argo

Avec Argo, l'ex plus belle gueule du cinéma confirme tout le bien que l'on pensait de lui (mais qu'on oubliait de dire). En tête du box-office américain, son film pourrait aussi lui ramener l'un ou l'autre Oscar.

652041

Ben Affleck est le genre de mec qui attire la sympathie. Mais il faut être honnête, il est loin d’être le meilleur acteur de sa génération. C’est en 1997 que l’on entend pour la première fois parler de lui. A travers le très beau Will Hunting qu’il a co-écrit avec son copain Matt Damon. Ensemble, ils reçoivent l’Oscar du meilleur scénario, et se placent sur la liste des acteurs à surveiller. Mais alors que Matt enchaîne les rôles intéressants, Ben apparaît dans une série de blockbusters écervelés (Armageddon, Pearl Harbor). Aujourd’hui, le premier est devenu l’un des acteurs les plus respectés du métier. De son côté, Ben a lui aussi réussi à mettre Hollywood à ses pieds, mais en passant par une toute autre voie: la réalisation.

Après un court-métrage de jeunesse joliment baptisé J’ai tué ma femme lesbienne, l’ai accrochée à un crochet de boucher et maintenant j’ai un deal de trois films chez Disney (sic), il se lance véritablement dans la mise en scène en 2007 avec Gone Baby Gone, un coup d’essai unanimement salué par la critique. Il réitère trois ans plus tard avec le thriller The Town dans lequel il apparaît aussi en tant qu’acteur. Hier comédien insipide, Ben Affleck se taille donc peu à peu une réputation de réalisateur doué. Très doué. Aujourd’hui, Argo, son troisième film, est précédé par un énorme buzz. Numéro un du box-office américain sur sa seconde semaine d’exploitation, il est déjà présenté comme un sérieux concurrent dans la course aux Oscars.

Il faut dire que pour le coup, Ben a eu le nez fin en s’attaquant à cette histoire vraie, l’une des opérations les plus délirantes montée par la CIA: L’exfiltration de six Américains durant la crise des otages de Téhéran. Un peu d’histoire s’impose. Le 4 novembre 1979, l’ambassade des Etats-Unis en Iran est prise d’assaut par une foule de manifestants furieux. En effet, les USA hébergent et protègent le Shah Mohammad Reza Pahlavi. Et l’Iran en pleine révolution veut le récupérer afin de le juger. Cinquante-deux membres de l’ambassade sont alors capturés et tenus prisonniers par les autorités iraniennes. Leur calvaire durera 444 jours.

Mais ce que l’on ne savait pas, c’est que six employés de l’ambassade s’étaient échappés par une porte dérobée lors de l’assaut, et avaient pu rejoindre l’ambassade canadienne. Vingt-sept ans plus tard, lorsque Bill Clinton déclassifie l’affaire de son statut "secret défense", on apprend alors comment la CIA a exfiltré ses six ressortissants. Une histoire abracadabrantesque.

En effet, dès que le gouvernement américain est alerté de la présence des six ressortissants dans l’ambassade canadienne, divers plans sont envisagés. Mais aucun ne tient la route. Jusqu’au moment où Tony Mendez, l’un des plus fameux exfiltreurs de l’Agence, propose le plus délirant: faire passer les six ressortissants pour une équipe canadienne de tournage, en repérage en Iran pour les décors d’un film de science-fiction. Nous sommes deux ans après la sortie du premier Star Wars. Hollywood produit ce genre de films à la pelle. Le projet paraît crédible. Tellement qu’il est validé par le gouvernement américain.

Affleck raconte: "si Argo avait été une vraie fiction, on m’aurait dit que l’histoire était tirée par les cheveux. La CIA en train de monter un film pour exfiltrer des agents de Téhéran… Mais le truc est que tout cela est vrai. Ça donne au film une force immense."

Voir les salles où ce film est à l’affiche

Argo
Réalisé par Ben Affleck. Avec Ben Affleck, Bryan Cranston, John Goodman – 120′.

Sur le même sujet
Plus d'actualité